Algérie: avec la nouvelle assemblée en place, le pouvoir se consolide

La nouvelle assemblée nationale algérienne est entrée en fonction jeudi, dominée par les partis en place et des indépendants ralliés au chef de l’Etat, marquant la reprise en main du pouvoir après le soulèvement populaire inédit du Hirak en 2019.

Le député indépendant Brahim Boughali a été élu président de l’Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement, par 295 voix sur 407 à l’APN, loin devant un représentant islamiste du Mouvement de la société de la paix (MSP), Ahmed Sadok, (87 voix).

Originaire de Ghardaïa (sud), M. Boughali, 57 ans, est issu de la minorité mozabite berbère. Médecin de formation, il a été directeur de la santé publique à Ghardaïa.

Il est le quatrième personnage de l’Etat après le président de la République et les présidents du Sénat et du Conseil constitutionnel.

Le scrutin législatif du 12 juin a été remporté par le Front de libération nationale (FLN, au pouvoir), avec 98 sièges, un groupe disparate d’indépendants (84), le MSP (65) et des petits partis proches du pouvoir.

Sitôt élus, la plupart des indépendants ont fait allégeance au président Abdelmadjid Tebboune.

« Il y a beaucoup d’enjeux. Le premier est la réhabilitation de l’institution législative qui a été mutilée à cause d’anciennes pratiques », a déclaré à l’AFP Zoheir Naceri, un jeune député du FLN, qui a reconnu que son parti, associé au règne autocratique du président Abdelaziz Bouteflika, était responsable du désintérêt de l’électorat.

« Beaucoup de défis attendent les nouveaux députés, le Parlement ainsi que le gouvernement. Il faut rétablir la confiance entre le peuple et le gouvernement », a renchéri Abderrahmane Salhi, un représentant du Front El Moustakbal, allié du FLN.

Le scrutin de juin a été marqué par une abstention record (77%), dans un pays plongé dans une impasse politique après le déclenchement du Hirak réprimé par le pouvoir.

Il a été rejeté par une partie de l’opposition et le mouvement contestataire du Hirak qui réclame un changement radical du « système » politique en place depuis l’indépendance (1962).

La nouvelle assemblée est presque uniquement masculine puisque 35 femmes seulement ont été élues (sur 8.305 candidates), contre 146 précédemment, en raison de la suppression d’un système de quotas instauré en 2012 par M. Bouteflika, chassé du pouvoir en 2019 par le Hirak.

Parallèlement, les nouveaux ministres ont pris leur fonction à Alger, au lendemain de la présentation du gouvernement du Premier ministre Aïmène Benabderahmane. La moitié des titulaires de la précédente équipe ont été reconduits.

A la tête du gouvernement, où l’on retrouve d’anciennes têtes de l’ère Bouteflika, M. Benabderahmane, un technocrate, conserve son portefeuille des Finances. Il aura pour tâche prioritaire de redresser la situation socio-économique.

Prochaine étape: des élections locales prévues à l’automne.

Afp