Burkina: la polémique enfle sur la mort suspecte de 12 personnes en garde à vue

Les 12 individus avaient été arrêtés par les forces de sécurité et étaient en garde à vue à la gendarmerie de Tanwalbougou (photo d'illustration).
Les 12 individus avaient été arrêtés par les forces de sécurité et étaient en garde à vue à la gendarmerie de Tanwalbougou (photo d’illustration).ISSOUF SANOGO / AFP

Texte par :RFISuivre

La semaine dernière 12 personnes soupçonnées de terrorisme avaient trouvé la mort pendant leur détention à la gendarmerie de Tanwalbougou selon le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Fada. Selon les membres du collectif contre l’impunité et la stigmatisation de communautés, les circonstances réelles de la mort des 12 personnes, dans la nuit du 11 au 12 mai dernier, doivent être élucidées. PUBLICITÉ

Avec notre correspondant à OuagadougouYaya Boudani

Pour le collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés, il n’y a pas de doute, les 12 personnes ont été tout simplement exécutées sous le couvert d’une lutte contre le terrorisme. Après des recherches, c’est à la morgue de la ville de Fada que le député Aziz Diallo a découvert le corps sans vie de son cousin.

« Il a été froidement exécuté d’une balle dans la tête. Je n’ai pas ouvert les autres sacs pour dire s’ils ont tous été abattus de la même manière. Mais ce que nous avons vu, même au cimetière, c’est que toutes les blessures étaient au niveau de la tête. On ne peut pas, sous ouvert de lutte contre le terrorisme, prendre des gens et les abattre sans autre forme de procès, sans explications », raconte le député Aziz Diallo.

Pour Maître Ambroise Farama, l’avocat du collectif, l’absence d’autopsie et d’identification des corps laisse planer un doute sur la volonté des autorités judiciaires de faire la lumière sur cette affaire.

« Elles ont été gardées à vue à la brigade de gendarmerie, ça veut dire qu’elles étaient sans moyen de se défendre, donc rien ne peut expliquer qu’on puisse les retrouver mortes le lendemain. Mais le procureur dit qu’ils seraient morts des suites d’asphyxie. Dans cette hypothèse, le procureur, s’il voulait véritablement mener une enquête sérieuse, aurait dû déjà exiger une autopsie », souligne Maître Ambroise Farama.

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Du côté du gouvernement, pas de réaction face à ses accusations pour le moment. On dit attendre les conclusions de l’enquête ouverte par le procureur du Faso.