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En Turquie, l’avenir incertain des migrants et des réfugiés

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Sur la côte sud de la Turquie, des effets personnels disséminés sur la plage comme autant de témoignages d’odyssées en Méditerranée… Les migrants sont de plus en plus nombreux à quitter la Turquie pour mettre le cap sur l’Europe. D’après les chiffres des gardes-côtes turcs, ils sont près de 24 000 à avoir tenté la traversée depuis le début de l’année.

Kawthar Barazi a, elle, fait plusieurs tentatives. Elle a fait une demande de relocalisation auprès de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés mais n’a pas obtenu de réponse. Alors par trois fois déjà, elle a cherché en vain à rejoindre la Grèce par la mer avec ses trois fils.

« C’est très dur de vivre seule avec les enfants ici, confie-t-elle. Je suis fatiguée, fatiguée des responsabilités. Je n’y arrive pas toute seule. C’est pour ça que j’ai choisi de partir. »

Kawthar vit actuellement à Izmir, sur la côte, et espère pouvoir rejoindre les îles grecques, comme beaucoup d’autres. D’après les autorités turques, le nombre de personnes interceptées en mer alors qu’elles cherchent à rejoindre la Grèce ne cesse d’augmenter.

Sur une plage d’Izmir, le scénario du pire se concrétise sous la forme de pierre tombales anonymes. Ce sont celles de personnes qui sont mortes en voulant rejoindre la Grèce. Des pierres tombales sans nom, qui rappellent les énormes risques encourus en mer.

Mohammed Salih dirige une ONG qui vient en aide aux Syriens d’Izmir. Depuis juillet, ils sont deux fois plus nombreux à venir frapper à la porte de l’association. La plupart viennent d’Istanbul car en juillet, les migrants non enregistrés ont reçu l’injonction de quitter la ville.

« Ils doivent trouver un nouvel endroit pour vivre, un nouveau travail, explique-t-il. Ils sont vraiment dans une situation difficile. »

Pour pouvoir renvoyer un million de Syriens dans leur pays, le président turc Recep Tayyip Erdogan envisage la création d’une zone sécurisée en Syrie et réclame l’aide de la communauté internationale.

Münir Ensari est un des représentant à Izmir du parti AKP, le parti d’Erdogan. Pour lui, les autorités respectent leur part de l’accord conclu avec Bruxelles en contenant l’afflux de migrants vers l’Union européenne. Mais il affirme que la Turquie n’a toujours pas reçu l’aide financière promise par les Européens.

« Nous attendons ce soutien depuis longtemps, assure-t-il. Notre président l’a dit : nous faisons ce qui nous a été demandé mais nous n’avons rien en retour. Si cela continue, nous finirons par rompre l’accord. »

Alors que l’épreuve de force se poursuit, difficile pour Kawthar d’envisager son avenir et celui de ses enfant.

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