Espagne : Ivan Rakitic permet au Barça de battre difficilement Bilbao et de reprendre la tête de la Liga

Les détracteurs d’Ivan Rakitic n’auront pas grand-chose à dire ce mardi soir. Remplaçant au coup d’envoi, le Croate a libéré le Barça sept minutes après son entrée face à Bilbao. Une nouvelle fois au terme d’une partie sans folie, les Catalans reprennent provisoirement la tête du Championnat.

Les semaines – ou plutôt les matches tous les trois jours – se suivent et se ressemblent au Camp Nou. De très emballantes premières minutes, avec un bloc barcelonais très haut, de belles combinaisons de passes et une recherche d’espaces dans le camp adverse. Et puis plus grand-chose. Il faut dire que les coéquipiers de Messi étaient bien aidés dans un premier temps par des relances plus qu’hésitantes de Bilbao. En réalité, le joueur offensif le plus intéressant, c’était bien Griezmann. Comme à son habitude, il se rendait énormément disponible, et proposait de nombreux appels. Mais il est une victime collatérale de l’aura de Messi, surdoué presque arrogant qui refuse l’aide d’autrui, tout en étant constamment recherché par ses coéquipiers. Une plaque tournante pour laquelle le Français semblait, une fois de plus, ne pas exister (sept passes échangées entre les deux hommes ce mardi soir, et une seule dangereuse, gâchée par Griezmann, 54e). Argentin qui, pour une veille d’anniversaire, a également manqué de réalisme dans le dernier geste (80e, 89e). Lui, au moins, délivrait 5 passes clés. Là où Suarez vendangeait sans aider davantage à la construction (14e, 15e, 74e).

Alors, ce sont les remplaçants qui insufflaient un vent frais capable de faire vaciller Simon, performant sur sa ligne. Rakitic en tête, puisque c’est lui qui offrait la victoire aux siens en récupérant le ballon dans la surface après un cafouillage, puis en croisant proprement (1-0, 71e). Un 50e but pour lui en Liga – 25 sous le maillot blaugrana, autant à Séville – qui vient renforcer une autre statistique, celle du mutisme basque, qui n’a plus gagné au Camp Nou depuis 2001. A souligner également les entrées vivifiantes de Puig et Fati. Le second aurait même pu breaker si Simon n’avait pas été, une fois de plus, à la parade (90e+4). Ces jeunes qui en veulent, qui proposent des courses et cherchent à gagner leur place à tout prix, ce sont sans doute eux qui vont faire du bien à Barcelone en fin de saison. Pour tenir cette première place – avec un match d’avance sur le Real – il faudra au moins ça. On en a la preuve depuis la reprise, se reposer sur Messi ne suffit plus. A Setien d’oser samedi contre le Celta.

Busquets, seul au milieu

Vidal trop occupé à essayer d’apporter du liant avec l’attaque, et Arthur fantomatique, c’est Busquets, comme d’habitude, qui enfilait le costume du 6 chef d’orchestre. A lui tout seul, il représente ce Barça éclectique qui n’arrive pas à trouver son style de jeu. Du Valverde, pataud et en panne offensivement, et un peu de Guardiola, quand le numéro cinq distribue des galettes de loin après avoir récupéré des ballons. Mais il était bien trop seul pour impulser quoi que ce soit à ses dix autres coéquipiers. A défaut de marquer pour eux, il évitait d’encaisser un but, via un tacle salvateur juste devant Williams au point de penalty (23e). Indispensable dans l’ombre, il risque de l’être encore plus contre l’Atlético, dans une semaine, puisqu’il sera suspendu pour affronter le Celta Vigo. De là à ce que la maxime «Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé» prenne sens ?

Pour Bilbao, l’Europe s’éloigne

Nul entre Villarreal et Séville, idem pour Getafe, et défaite de Levante. Cette 31e journée avait tout du casse parfait pour Bilbao. Si seulement les Basques étaient parvenus à inquiéter le Barça. En dépit du niveau assez faible des Blaugrana, il manquait de la vitesse pour s’insérer dans les brèches défensives. Seul Williams pouvait accélérer. Mais il butait trop souvent sur Lenglet, tout ça pour se retrouver sur son bon pied. Peut-être que si Busquets n’avait pas taclé devant l’attaquant, le score aurait été différent, mais encore est-il que la meilleure occasion de l’Athletic était un centre touché par personne qui manquait de surprendre Ter Stegen (4e). Quand on dit ça, on a tout dit.