Présidentielle ivoirienne: Alassane Ouattara tacle ses opposants dans «Paris Match»

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire français Paris Match, le président ivoirien Alassane Ouattara dénonce la stratégie de ses opposants.

Dans son entretien à Paris Match, , Alassane Ouattara explique les circonstances qui l’ont amené à « rompre avec l’engagement pris devant la nation », le 5 mars dernier: son candidat a été emporté par une crise cardiaque. Organiser des primaires en moins de sept semaines « nous auraient fait courir le risque de divisions », reconnait le leader du RHDP.

Il justifie par ailleurs sa candidature à un torisième mandat. Selon lui, la nouvelle Constitution en vigueur depuis 2016 remet les compteurs à zéro. « Notre Constitution date de 2016, elle a instauré une nouvelle République en Côte d’Ivoire. Les cartes ont donc été rebattues ».

Alassane Ouattara rappelle également les raisons qui ont conduit le Conseil constitutionnel à écarter plusieurs dossiers à la présidentielle du 31 octobre. « La plupart des exclusions ont été prononcées à cause de l’insuffisance ou de l’irrégularité des parrainages », indique-t-il. « Guillaume Soro, comme Laurent Gbagbo, a été écarté car son casier judiciaire n’est pas vierge. Tous deux le savaient parfaitement : leurs candidatures relèvent de la provocation. »

Et le président d’enfoncer le clou : « La place de Guillaume Soro n’est pas dans la campagne électorale, mais en prison. » « S’il a quitté la Côte d’Ivoire, c’est parce qu’il sait qu’il devra y être jugé pour tentative de destabilisation », ajoute le président ivoirien, avant de s’interroger sur « le train de vie parisien » de son ancien allié : « Depuis un an, il mène la grande vie à Paris (…..) D’où sort cet argent ? »

Quant à l’ancien président Laurent Gbagbo, qui est actuellement en Belgique, en attente d’un passeport pour rentrer en Côte d’ivoire, Alassane Ouattara estime qu’ « il a commis des erreurs », mais « c’est un frère », commente-t-il. « La Côte d’Ivoire reste son pays ». Selon le président, « il faut attendre le verdict en appel de la CPI, car pour l’instant, Laurent Gbagbo est en liberté sous condition. Ensuite, assure-t-il, des dispositions seront prises quant à son retour ».

rfi