Lutte contre les faux médicaments: Brazzaville veut prendre des initiatives

Le trafic de faux médicaments est un véritable enjeu de santé publique en Afrique. (Photo d’illustration)
© ISSOUF SANOGO / AFP

Le sommet sur la lutte contre les faux médicaments se termine, ce samedi 18 janvier, à Lomé, au Togo. Le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, figure parmi les dirigeants africains qui prennent part au sommet.

Le Congo-Brazzaville, en raison, entre autres, de la porosité des frontières, est confronté au phénomène des faux médicaments qui sont proposés aux consommateurs, parfois à ciel ouvert. Le gouvernement prend des initiatives pour endiguer le commerce et la circulation des médicaments contrefaits.

A Brazzaville, devant la station-service du célèbre marché Total, Hermann Stéphane Masamba, un jeune diplômé sans emploi âgé de 25 ans, vend des médicaments dont il ignore la provenance et qui ne répondent à aucune norme de conservation. Cependant, il les juge tout de même efficaces. « Pour moi qui suis vendeur de ces produits-là, je peux vous dire qu’ils soignent comme les autres produits qu’on trouve en pharmacie ou ailleurs », affirme-t-il.

« Souvent on n’a pas d’argent »

Son voisin, marchand d’articles scolaires, est également convaincu des produits exposés dans la rue. Pour lui, la pharmacie n’est pas ouverte à toutes les bourses. « Je préfère acheter dans la rue parce qu’en pharmacie, souvent on n’a pas d’argent. En pharmacie on va juste demander les prix des produits sur les ordonnances prescrites car l’argent ne répond pas. Donc, pardonnez-nous, nous qui achetons dans la rue », dit-il.

De son côté, Dany Massamba, un autre diplômé sans emploi, pense que les médicaments vendus à ciel ouvert sont les plus dangereux. « Ce n’est pas bon de vendre les médicaments en pleine route. En pharmacie, ils sont bien conservés. Pour garder ma vie et ma santé, je préfère acheter en pharmacie parce qu’en pleine route, c’est pas du tout bon », explique-t-il.

Convaincu que les faux médicaments ont gagné le marché congolais, le ministère de la Santé se propose d’intégrer le système de pharmacovigilance initié par l’OMS pour détecter et surveiller les médicaments contrefaits.

Insister sur la sensibilisation des populations

Au Togo, des instruments juridiques encadrent la lutte contre les faux médicaments et les peines encourues sont très élevées allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement et trente millions d’amendes.

Joint par RFI, le colonel Yao Kondi, directeur de l’Office central de répression du trafic illicite des drogues et du blanchiment, explique qu’il faut insister sur la sensibilisation des populations : « Je pense qu’au Togo, ce qui pourrait manquer, c’est la compréhension et la sensibilisation de la population parce que c’est celle-ci qui demande beaucoup de ces produits. C’est elle qui est sollicitée ou qui est induite en erreur par les commerçants véreux qui se lancent dans ce business. C’est aussi la sensibilisation des personnes qui veulent se lancer dans les opportunités d’affaires. C’est très fréquent d’entendre des personnes, lorsque nous les interpellons après saisies, qui nous disent : « Oui, je ne savais pas parce que je voulais me lancer dans les affaires. On m’a dit que ça rapporte beaucoup, que ça rapporte très rapidement ». Effectivement, ça rapporte mais il faut voir ce qu’on crée pour soi-même, pour sa famille, pour sa société et pour le genre humain en général », précise-t-il enfin.