Mohamed Ould Abdel Aziz va-t-il se rendre à son audition devant les députés mauritaniens?

L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est convoqué, ce jeudi, devant une commission d’enquête parlementaire. Elle veut l’entendre sur plusieurs dossiers liés à ses deux mandats de chef d’État qui couvrent la décennie 2009 et 2019.

À quelques jours de la convocation de l’ancien président, la lettre que lui a envoyée le président de la commission ne spécifie pas sur quels dossiers, en particulier, les députés souhaitent l’entendre. Le nom de Mohamed Ould Abdel Aziz « a été maintes fois directement cité dans le cadre de faits et d’actes pouvant constituer une atteinte dangereuse à la Constitution et aux lois », a écrit Habib Ould Diah, qui est aussi le chef du groupe parlementaire de l’Union pour la République, le parti au pouvoir.

Ce que l’on sait en revanche, ce sont les sujets sur lesquels ont porté d’autres auditions. Plusieurs anciens ministres et Premiers ministres convoqués auparavant ont été questionnés sur la gestion des revenus pétroliers, sur la vente de domaines de l’État, sur la liquidation d’une société publique qui assurait l’approvisionnement du pays en denrées alimentaires, ou encore sur les activités d’une société chinoise de pêche…

Immunité de l’ancien chef de l’État

Cette convocation marque en tous les cas une nouvelle étape dans le travail d’inventaire mené par le président Mohamed Ould Ghazouani, élu il y a tout juste un an à la tête du pays, vis à vis de son ancien ami et allié de longue date. Mais pour l’instant, on ne sait pas si Mohamed Ould Abdel Aziz répondra à cette convocation d’autant plus qu’il n’en a pas l’obligation.

En effet, cette commission n’a pas la tâche de juger. Elle enquête, identifie et peut éventuellement recommander à la justice de lancer des poursuites. En plus, les anciens membres du gouvernement, et en premier lieu l’ex-chef de l’État, sont en principe protégés par leur immunité. Il faudrait donc une haute cour de justice pour inquiéter Mohamed Ould Abdel Aziz, et encore seulement pour des crimes constitutifs de « haute trahison ».

rfi