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RDC: deux inspecteurs des finances arrêtés et interrogés

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Vue de Kinshasa, capitale de la RDC.
© Wikimedia/Moyogo

En République démocratique du Congo, deux inspecteurs de l’Inspection générale des finances disent avoir été interpellés ce samedi 31 août. L’un a été détenu quelques heures par la police, avant d’être libéré. L’autre, l’inspecteur général lui-même, dit avoir été auditionné par les services du conseiller spécial en matière de sécurité, François Beya.

L’inspecteur général Victor Batubenga dit avoir été menacé. Il raconte avoir été interpellé hier matin au siège de l’Inspection générale des finances. Des policiers sont arrivés à bord de quatre jeeps. Des forces de l’ordre qui ont, assure-t-il, molesté quelques agents avant de l’embarquer lui et un inspecteur de terrain. « Ils ont semé la panique, ça n’est jamais arrivé », s’émeut-il au téléphone.

L’inspecteur général des finances dit avoir ensuite été placé en garde au bureau du conseiller spécial chargé de la sécurité auprès de la présidence, François Beya. Dans l’interview qu’il a accordée à RFI, il affirme qu’un des collaborateurs du conseiller spécial aurait formulé des menaces contre lui et sa famille.

Le témoignage de l’inspecteur général: «mon travail dérangerait»

Un contrôle qui dérange ?

En cause notamment deux enquêtes : l’une sur quinze millions dus aux sociétés pétrolières réquisitionnés par le directeur de cabinet du président, Vital Kamerhe ; l’autre, plus récente, sur l’ensemble des dépenses du Trésor public depuis l’investiture du nouveau chef de l’État Félix Tshisekedi.

Concernant cette dernière, il s’agit plus précisément du contrôle qu’il a mené à la demande de l’Agence nationale de renseignements(ANR) sur les décaissements opérés depuis l’investiture de Félix Tshisekedi. Selon l’inspecteur général des finances, le conseiller spécial du chef de l’État lui avait dit qu’il n’avait pas à effectuer un tel contrôle car l’ANR n’avait pas le pouvoir de le demander. « Il semble que je sois en train de déranger des gens avec ce contrôle », s’inquiète Victor Batubenga qui entend désormais se tourner vers le président Tshisekedi car son service dépend directement du chef de l’État. Or, analyse-t-il, « tout ceci est arrivé pendant qu’il était absent ». Il promet ainsi que « dès son retour » (du Japon), il va chercher à le rencontrer.

Dans l’entourage du nouveau président qui quittait hier le Japon pour Kinshasa, on assurait encore que la lettre du directeur de cabinet Vital Kamerhe intimant l’ordre à l’IGF d’arrêter ses enquêtes était un faux mais on disait attendre le retour dans la capitale avant de commenter sur les auditions.

La police reconnaît de son côté avoir interpellé l’autre inspecteur. Selon le général Sylvano Kasongo, chef de la police à Kinshasa, son audition a tourné autour de la confidentialité des enquêtes que mènent actuellement l’inspection générale des finances.

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