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Algérie: Ahmet Gaïd Salah veut accélérer le lancement du processus électoral

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Le chef d’état major Ahmed Gaïd Salah lors de son discours retransmis à la télévision mardi 30 juillet 2019.
© Capture d’écran El Bilad TV

Dans un discours prononcé lundi 2 septembre depuis la ville de Ouarghla où il était en visite de travail, le chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah a demandé que le décret permettant la convocation du corps électoral soit publié le 15 septembre prochain.

Cette publication ouvrirait la voie à une élection présidentielle avant la fin de l’année. Cette prérogative revient constitutionnellement au président par interim Abdelkader Bensalah, alors qu’une grande partie du mouvement de contestation populaire estime qu’un scrutin n’aurait pas de sens avant la mise en place d’institutions de transition. Mais l’armée, elle, veut aller vite.

Jusque-là, le puissant général Gaïd Salah s’était contenté d’appeler à « accélérer » la marche vers une élection. Mais cette fois, il est plus précis : il faut enclencher le 15 septembre la procédure légale lançant le scrutin présidentiel, a-t-il déclaré dans un discours prononcé depuis la ville de Ouargla. Ce lancement ouvrirait la voie à un vote dans les trois mois, soit probablement à la mi-décembre.

Un homme est désormais sous pression : le président par intérim, Abdelkader Bensalah. Lui a déjà mis en place une instance chargée de faire des recommandations pour la tenue d’une présidentielle crédible. La déclaration du chef des armées sonne donc, sinon comme un ordre, du moins comme un coup de pression. Une instruction, explique un journaliste, peu respectueuse du protocole.

Les manifestants et leurs représentants s’opposent depuis des mois à l’idée d’une présidentielle prématurée. Ils exigent avant tout une profonde réforme de l’État et de la Constitution. Une option rejetée par le général, lequel s’est contenté d’évoquer la révision de « quelques textes de la loi électorale », mais pas plus. Et qui a sévèrement mis en garde ceux qui s’opposeraient à cette feuille de route. Pour les militaires, explique un observateur, le vide institutionnel affaiblit l’Algérie face à ses adversaires. Et selon eux, cela ne peut pas durer au-delà de 2019.

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