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L’infection par le virus de la rougeole efface la mémoire immunitaire du corps

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De nouvelles études viennent de montrer qu’en plus de son danger direct pour le patient, le virus de la rougeole est capable d’affaiblir la mémoire immunitaire du corps, rendant ainsi les personnes vulnérables aux infections auxquelles elles étaient autrefois immunisées. Pour les chercheurs, le virus est donc beaucoup plus nocif qu’estimé, ce qui signifie qu’un taux de vaccination adéquat est d’autant plus important.

_© iStock

La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse qui touche surtout les enfants. Le virus se propage lorsque les malades toussent ou éternuent, ou par le contact direct avec des sécrétions nasales ou laryngées. Les premiers symptômes, qui apparaissent généralement 8 à 12 jours après l’exposition au virus, sont une forte fièvre, une rhinorrhée (nez qui coule), des yeux rouges et de petits points blanchâtres à l’intérieur de la bouche. Une éruption cutanée apparaît plusieurs jours plus tard, habituellement sur le visage et le haut du cou et s’étend progressivement vers le bas du corps. Il n’existe pas de traitement spécifique et la plupart des gens guérissent en deux à trois semaines.

Toutefois, l’Organisation mondiale de la santé précise que la rougeole peut entraîner de graves complications, comme une cécité, une encéphalite, une diarrhée sévère, une infection auriculaire ou une pneumonie, en particulier chez les enfants malnutris et les personnes immunodéprimées. Deux études publiées par des chercheurs d’Harvard, de l’Institut médical Howard Hugues et de l’université Erasmus aux Pays-Bas montrent que la maladie est encore plus dangereuse que les scientifiques ne le croyaient, et à quel point le vaccin est utile. Les études révèlent en effet que la rougeole endommage à long terme le système immunitaire, rendant les personnes vulnérables à d’autres infections.

Une amnésie immunologique

Plus précisément, les chercheurs ont révélé que le virus de la rougeole efface une partie de la mémoire du système immunitaire de l’organisme, supprimant ainsi l’immunité existante contre d’autres infections. L’équipe scientifique a montré pour la première fois que la rougeole « réinitialise » le système immunitaire humain au point de le réduire à un état semblable à celui d’un bébé immature, c’est-à-dire avec une capacité limitée à répondre aux nouvelles infections. Selon elle, cette découverte explique pourquoi les enfants succombent souvent à d’autres maladies infectieuses après avoir eu la rougeole et souligne l’importance de se faire vacciner contre cette maladie.

Selon l’une des études publiées dans Science Immunology, ce phénomène n’est pas sans conséquences en termes de santé publique car les cas de rougeole augmentent au niveau mondial en raison d’une couverture vaccinale insuffisante. Cela pourrait donc entraîner une augmentation du nombre d’autres infections dangereuses telles que la grippe, la diphtérie ou la tuberculose. En 2018, près de 350 000 cas de rougeole ont été signalés dans le monde, soit plus de deux fois plus qu’en 2017, selon l’OMS qui met en garde contre des lacunes dans la couverture, parfois ancrées depuis de nombreuses années et estime que le taux de vaccination nécessaire pour prévenir les flambées doit être de 95%.

Le vaccin ROR : simple et efficace

Pour en venir à cette conclusion, les chercheurs ont procédé à une analyse du sang de 77 enfants non vaccinés, avant et après une flambée de rougeole. Les résultats ont révélé que deux mois après l’infection, le virus a éliminé entre 11 et 73% de leurs différents anticorps, les protéines présentes dans le sang qui “se souviennent” des rencontres avec des virus et aident le corps à éviter les infections récurrentes. Les enfants perdent de fait une grande partie de leurs défenses immunitaires et deviennent vulnérables aux virus qu’ils ont déjà rencontrés et conquis. Ainsi, si une personne avait 100 anticorps contre la varicelle avant de contracter la rougeole, elle pourrait n’en avoir que la moitié par la suite.

De plus, chez des macaques infectés par la rougeole, 60% du répertoire des anticorps étaient indétectables pendant au moins cinq mois. Bien que la reconstitution du répertoire d’anticorps soit possible grâce à de nouvelles expositions aux agents pathogènes, comme pour les nourrissons, le patient doit attendre plusieurs mois voire années, ce qui peut représenter un risque pour la santé. Un phénomène dangereux que les chercheurs ont surnommé « amnésie immunitaire globale ». « Notre étude montre non seulement que la vaccination antirougeoleuse protège de la rougeole, mais également d’autres maladies infectieuses. », explique le Pr Colin Russell, de l’Université d’Amsterdam.

Les cas de rougeole étant en forte recrudescence ces dernières années, notamment en France, il faut donc veiller à la mise à jour de sa vaccination rougeole-oreillons-rubéole (ROR) pour toute personne née après 1980. Avec deux injections (la première à 12 mois et la seconde entre 16 et 18 mois, avec un délai d’un mois entre les deux injections), l’enfant est protégé contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. A noter que la rougeole peut survenir à n’importe quel âge, chez les personnes non vaccinées : la maladie n’est pas uniquement liée à l’enfance. L’assurance maladie précise que chez les plus de 15 ans, dans un cas sur deux de rougeole, une hospitalisation est nécessaire.

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