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Côte d’Ivoire: un journaliste accusé de troubles et violences sous les verrous

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Rue de Bouaké. Hubert Yao Konan est actuellement détenu dans la prison de cette ville.
© REUTERS/Luc Gnago

En Côte d’Ivoire, depuis quelques jours, le cas d’Hubert Yao Konan fait du bruit. Cet étudiant en journalisme a été arrêté il y a bientôt trois mois pour s’être opposé violemment aux forces de l’ordre à Djékanou au sud de Yamoussoukro. Depuis près de deux ans, un conflit oppose une partie de la population d’un village voisin,  dont il est originaire, à une société minière qui souhaite y chercher de l’or. Le conflit a tourné à l’affrontement début aout. Et Hubert Yao Konan est en détention provisoire à Bouaké depuis. Il doit être entendu par un juge ce mercredi.

L’image fait le buzz depuis quelques jours. On y voit Hubert Yao Konan, jeune journaliste, menotté à un lit d’hôpital. Photo du 4 août dernier. Quelques jours avant cette date, Hubert Yao Konan est venu d’Abidjan à Nda Kouassikro pour une réunion au village sur la mine d’or, source de conflit depuis des mois. Trois gendarmes se rendent sur place, pour l’interpeller. Ils sont renvoyés fermement selon les uns. Séquestrés pendant quatre heures selon les autres. Lorsque le journaliste repart, le 4 août, il est arrêté à la gare routière de Djekanou.

L’arrestation tourne au pugilat, un gendarme est gravement blessé. Peu après, en représailles à cette arrestation, un groupe de jeunes saccage la gendarmerie de Djekanou. Les autorités, qui considèrent Hubert Yao Konan comme l’instigateur de troubles, décident donc de le transférer à Bouaké où il est toujours détenu.

Depuis quelques jours, ses soutiens s’organisent et demandent sa libération. « On est persuadé qu’il a été ciblé parce qu’il est journaliste », assure Guillaume Gbato, secrétaire général du SYNAPPCI, un syndicat de la profession. Certains soutiens accusent la gendarmerie d’être complice de la société Mondial Mines qui entend exploiter le site de 80 ha à Nda Kouassikro. Dans un post Facebook fin juillet, Hubert Yao dénonce les tracasseries subies par les opposants à la mine de la part des autorités.

Au même moment pourtant, face à la fronde populaire, le ministère des Mines ordonne la suspension de l’exploitation de cette mine, faisant retomber quelque peu la pression.

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