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Éthiopie: vers un référendum pour la création d’un État Sidama

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Le drapeau non officiel de la région Sidama.
© Michael TEWELDE / AF

Le Conseil électoral éthiopien a annoncé jeudi 29 août qu’un référendum d’autodétermination du peuple sidama se tiendrait le 13 novembre dans la Région des nations, nationalités et peuples du Sud, une province multiethnique frontalière du Soudan du Sud et du Kenya.

Après plusieurs semaines de discussions, la Conseil électoral a donc annoncé jeudi la tenue d’un référendum le 13 novembre pour décider sioui ou non la nation Sidama deviendra un nouvel État de la fédération éthiopienne. En juillet, la situation s’était brusquement tendue après l’annonce par les dirigeants sidamas de la proclamation unilatérale de l’autonomie de leur État, avec des affrontements meurtriers entre autonomistes et forces de sécurité fédérales.

En dépit de cette annonce, il reste beaucoup à faire avant la tenue du référendum. Le Conseil électoral national a certes fixé une date pour le vote. Mais elle a aussi fait la liste des chantiers indispensables à boucler avant. Notamment déterminer un futur statut pour la capitale, Hawassa ; garantir les droits des autres peuples vivant avec les Sidamas ; et un cadre pour les forces de sécurité.

Revendications nationalistes

Tout cela est le fruit des négociations de dernière minute qui ont permis, en juillet, d’éviter de justesse une confrontation armée. Mais c’est aussi le signe que la fédération éthiopienne va mal, tiraillée par les revendications nationalistes de ses nombreux peuples.

Cela dit, les 3 millions de Sidamas pèsent un certain poids politique et économique. C’est dans leur région que se cultivent le Sidamo et le Yirgacheffe, deux cafés de grande valeur. Et c’est là aussi que se trouve l’un des fleurons de l’Éthiopie moderne : le parc industriel de Hawassa.

Mais voilà, leur province actuelle est aussi habitée par plus d’une quinzaine d’autres peuples, et notamment les Wolayta, avec qui les relations sont conflictuelles. Si le référendum permet d’éviter la violence, un « oui » ouvrira la porte, à n’en pas douter, aux revendications d’autres peuples, eux aussi lassés de la situation actuelle.

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