Guinée-Bissau: chaque camp se fait plus menaçant

Vue de Bissau
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Le bras de fer se durcit encore un peu plus en Guinée-Bissau, après le limogeage du gouvernement d’Aristides Gomes par le président José Mario Vaz la semaine dernière, mais qui reste soutenu en bloc par la communauté internationale. À moins de trois semaines de la présidentielle et avant un sommet extraordinaire de la Cédéao prévu vendredi à Niamey, les acteurs de la crise haussent le ton.

Dans un communiqué publié ce mercredi, le conseil de défense demande aux forces de défense et de sécurité de « faciliter » l’accès des membres du nouveau gouvernement aux ministères, en clair d’installer cette équipe nommée par le président par la force dans les bureaux à la place de l’équipe d’Aristide Gomes. Cela fait suite au conseil de défense réuni par le président lundi soir, puis mardi soir.

De son côté, le gouvernement d’Aristides Gomes a tenu à la mi-journée un conseil des ministres, au palais du gouvernement, qui a été fermé dans la matinée, l’accès était bloqué par la garde nationale. Dans une déclaration, il considère ce conseil de défense comme illégal, rappelle que le mandat du président a « expiré », et appelle les forces de défense et de sécurité à se tenir écartées des « querelles politiques. »

Dans la foulée, la Cédéao qui avait dépêché une délégation ici dimanche dernier a lancé un ultimatum aux membres du gouvernement de Faustino Imbali nommé par le président : l’organisation ouest-africaine leur donne 48 heures pour démissionner, donc avant le sommet de Niamey, sous peine de « lourdes sanctions. »

Le comité ministériel lance une dernière fois un appel solennel à tous ceux qui ont été abusivement entraîné dans le gouvernement illégal de M. Faustino Imbali afin qu’il démissionne et les invite à prendre leur distance par rapport à toutes les initiatives visant à compromettre les prochaines élections présidentielles et à porter atteinte aux institutions légales de la Guinée-Bissau. Les gens qui seraient tentés ou qui sont dans le mouvement disposent encore de 48h pour faire connaitre leur décision de démission à la représentation spéciale de la Cédéao. Au-delà du jeudi 7 novembre, ils seront passibles de lourdes sanctions qui seront prises à leur encontre par le sommet extraordinaire de la Cédéao réuni à Niamey, au Niger, le 8 novembre 2019.