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Guinée-Bissau: le gouvernement d’Aristides Gomes n’entend pas céder sa place

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Le palais du gouvernement à Bissau, le 1er novembre 2019.
© Charlotte Idrac/RFI

La Guinée-Bissau a deux gouvernements depuis jeudi. Une nouvelle équipe a été investie par le président José Mário Vaz. Mais le gouvernement d’Aristides Gomes, Premier ministre limogé en début de semaine, n’entend pas céder la place. Ses membres sont allés travailler comme si de rien n’était aujourd’hui au palais du gouvernement.

Armando Mango est à son poste. Dans son bureau, le ministre, porte-parole du gouvernement travaille « comme d’habitude » dit-il. Pour lui, la nomination d’une nouvelle équipe jeudi par le président José Mário Vaz est un « non-évènement ».

« Vous l’appelez président, pour nous c’est un candidat à l’élection présidentielle, commente-t-il. Le gouvernement est là, on travaille tous et on mène la vie normale d’un gouvernement. »

Il y a pourtant moins de monde que d’habitude au palais du gouvernement, qui abrite plusieurs ministères. Des bureaux sont restés vides, la plupart des agents ne souhaitent pas s’exprimer au micro. « Certains fonctionnaires ont peur », explique un responsable. Peur de ce qu’il pourrait se passer si la nouvelle équipe vient s’installer, lors de sa prise de fonction lundi prochain.

« La question ne se pose même pas. Le gouvernement, c’est ce gouvernement-là. Si par hasard quelqu’un venait occuper les bureaux, on est là, en tant que gouvernement. On ne va pas se laisser faire. » Concernant un potentiel usage de la force, « on continue de croire qu’on est des adultes », répond le ministre.

Pour l’heure, pas de présence militaire particulière, mais celle –habituelle- de la force de la Cédéao chargée de protéger les bâtiments officiels.

Délégation de la Cédéao

La Cédéao –médiatrice dans la crise – a dépêché une délégation ministérielle dont une partie est arrivée ce vendredi soir à Bissau. Le chef de délégation, le ministre nigérien des Affaires étrangères, est lui attendu samedi soir. La délégation a demandé à être reçue dimanche en audience par le président.

Dans un communiqué, les États-Unis dénoncent à leur tour le limogeage du Premier ministre Aristides Gomes par le président José Mário Vaz, et soutiennent pleinement le gouvernement « légitime » pour mener le pays à la présidentielle. Les États-Unis saluent aussi les efforts du gouvernement de Aristides Gomes dans la lutte contre le trafic de drogue.

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