Coronavirus: Madeleine Malonga et le judo devront encore patienter avant la reprise

Madeleine Malonga lors de son titre de championne du monde au Japon en 2019.
Madeleine Malonga lors de son titre de championne du monde au Japon en 2019. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Championne du monde, la judokate Madelaine Malonga ne pourra pas reprendre un entraînement normal à partir du 11 mai, jour du déconfinement en France. Les sports de contact ne permettent pas de mettre la distanciation sociale nécessaire pour éviter la propagation du coronavirus. Pour RFI, la judokate témoigne de son quotidien.

Selon l’écrivain égyptien Naguib Mahfouz : « La patience est la clé de la délivrance ». Madeleine Malonga, championne du monde dans la catégorie des moins de 78 kg à Tokyo en 2019 devra donc patienter avant de s’entraîner à nouveau avec une ou un partenaire. Pour le moment, seuls les sports individuels sont autorisés à reprendre l’activité comme le cyclisme ou la course à pieds.

« le sport est secondaire »

« Je ne suis pas surprise et c‘est compréhensible de faire face à cette crise sanitaire », expose Madeleine Malonga qui a débuté des études pour être infirmière comme ses parents et sa sœur. Ce qui se passe dans les hôpitaux actuellement ne lui est pas tout à fait étranger. « On n’est pas prêt de reprendre notre vie d’avant », dit-elle calmement. Même si le judo est actuellement son métier, Madeleine Malonga estime que pour l’instant « le sport est secondaire ».

« Un nouveau point d’étape sera fait d’ici au 2 juin pour évaluer les modalités de reprise des pratiques sportives en salles et des disciplines qui nécessitent un contact », indique le ministère des Sports.

Malgré sa patience, Madeleine Malonga ne cache pas que tout ça « commence à être long ». Alors il faut s’entretenir et tuer le temps. Du coup, la championne d’Europe « cours » et fait du « renforcement musculaire ». « C’est inédit de s’arrêter aussi longtemps et je ne sais pas quel impact cela va avoir sur mon corps », reconnaît-elle.

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Évidemment, sa vie d’avant lui manque. « Je me languis de ma routine habituelle, admet-elle. Je me rends compte finalement que j’étais très occupée avec mes entraînements. C’est sûr que l’on ne reprendra pas nos vies comme avant le 11 mai. »

Les Championnats d’Europe comme objectif

Madelaine Malonga espère tout de même que les Championnats d’Europe, prévus début mai à Prague, décalés une première fois à mi-juin, puis à nouveau reportés à début novembre, auront bien lieu histoire de retrouver la compétition et son kimono. La Fédération internationale de judo  a déjà suspendu toutes ses compétitions au moins jusqu’au 30 juin 2020.

Déjà que pour elle, l’année olympique est passée à la trappe. « Je m’y attendais un peu, glisse la judokate. Comment organiser les Jeux alors que le monde est en crise ? Je me suis dit : « voilà c’est comme ça ». J’ai accepté facilement la décision. J’avais mis mes études de côté cette année. C’est comme ça. »

En attendant, Madelaine Malonga, qui ne manque pas d’humour, est certaine qu’elle entendra au moment de la reprise que le confinement : « c’était pas si mal ! »