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La gestion des crises à l’ère numérique

Publié le : 24/05/2020 – 00:55Audio 02:09 Podcast

Un centre de gestion de crise à Londres.
Un centre de gestion de crise à Londres.  Everbridge

Par :Dominique DesaunaySuivre

Lorsque surviennent des attentats, des catastrophes naturelles, industrielles sans oublier évidemment des pandémies, l’urgence, pour de nombreuses entreprises et pour les États, est d’alerter le plus tôt possible leurs salariés ou leurs populations d’un danger immédiat. Certaines firmes high-tech, comme Everbridge, se sont spécialisées pour les grands comptes et les gouvernements dans l’alerte et la gestion de ces crises mondiales, à l’ère numérique.PUBLICITÉ

En employant de la haute technologie à des années lumières des applications grand public pour smartphones, le service de gestion en temps réel des crises de la plateforme Everbridge permet à de nombreux gouvernements, à de grands instituts, aux hôpitaux, aux municipalités, aux entreprises publiques comme privées, de diffuser partout dans le monde sur les télés, radios, écrans d’affichages, sans oublier les mobiles, des messages d’alertes, avant, pendant et après une urgence, quel que soit son origine ou sa nature. « La plateforme a envoyé 3 milliards de messages l’année dernière à plus de 200 pays par l’intermédiaire de 100 canaux de communication différents et alerté 500 millions de personnes », nous explique Gautier Lavigne, responsable marketing Europe d’Everbridge.

« L’idée c’est que l’on puisse contacter les personnes en même temps sur leur téléphone, en les appelant, par SMS ou à travers des applis. Nous pouvons aussi envoyer des notifications directement sur les écrans de contrôles et d’affichages dans les entreprises, sur les télés, mais aussi des messages audios sur les postes de radio. Ces messages posent une question essentielle à leurs destinataires « est-ce que tout va bien ? ». Ils ont la possibilité de répondre en utilisant leurs mobiles, par exemple : 1- oui je vais bien, 2- non j’ai besoin d’assistance, 3- je ne suis pas sur le lieu de la catastrophe. En quelques secondes on obtient un rapport sur la situation pour déterminer combien de personnes ont besoin d’une aide en urgence.

En Norvège, nous avons diffusé, par exemple, plus de 5 millions de SMS instantanément dès le début de la pandémie du Covid-19 afin de désengorger les hôpitaux en demandant aux gens de se confiner chez eux. Ces messages bi-directionnels demandaient en parallèle des volontaires notamment aux chauffeurs de bus de venir chercher des individus qui étaient exposés au danger, sans possibilité de rentrer chez eux ou de rejoindre un hôpital. Notre système analyse en temps réel de nombreux évènements considérés comme critiques. Des risques d’inondations, des actes terroristes, des manifestations, des épidémies… plus de 500 critères d’alertes potentiels sont répertoriés sur notre plateforme. »

Ces systèmes d’alertes aux populations sont-ils vraiment efficaces quand ils sont développés et déployés par les États ?

Telle est la question ! La France est devenue à ce titre, un contre-exemple en Europe avec son Système d’Alerte et d’informations aux populations, siglé SAIP qui a fait la preuve de son inefficacité. Le dispositif ne s’est pas déclenché, par exemple, lors de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice. La technique a été depuis abandonnée par le gouvernement qui préfère aujourd’hui se concentrer sur les réseaux sociaux et des systèmes au coup par coup, comme l’appli Stop Covid afin d’endiguer la pandémie de coronavirus, ou de développer des plateformes numériques pour gérer la crise sanitaire, comme AlloCovid. Rappelons toutefois, que le Parlement européen a rendu obligatoire en 2018, la mise en place dans chaque pays de l’UE d’un dispositif d’alerte numérique pour les populations, capable de traiter n’importe quel type de catastrophe. Les États membres ont jusqu’à mai 2022 pour se conformer à la directive.

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