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Pourquoi la réforme des retraites suscite la défiance des Français?

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Le Premier ministre Édouard Philippe à Matignon lors d’une rencontre avec les syndicats sur la réforme des retraites le 26 novembre 2019.REUTERS/Bertrand Guay

La France se prépare à un jeudi noir, avec la grève contre la réforme des retraites. Pourquoi cette réforme suscite-t-elle autant de défiance alors que le détail du texte n’es pas encore connu ?

Ses conséquences sonnantes et trébuchantes sont encore très incertaines et cela explique en partie la répulsion que suscite une réforme dont le principe, une retraite universelle et plus juste est plutôt alléchant. Car c’est bien une petite révolution qu’a proposé Emmanuel Macron pendant la campagne de la présidentielle : que la même cotisation donne droit à la même retraite. La réforme avantagera les travailleurs précaires. Ceux qui cumulent les petits CDD (contrats à durée déterminée, ndlr) cotisent aujourd’hui comme les autres mais ne voient pas ce temps de travail haché reconnu à sa juste valeur dans le calcul des trimestres qu’il faut cumuler pour obtenir une retraite à taux plein. En instaurant une retraite plancher à 1 000 euros la réforme bénéficiera également à tous ceux qui ont des pensions très faibles comme les agriculteurs et les commerçants.

Cette réforme qui se veut équitable implique la fin d’un patchwork des 42 régimes existants

Parmi ces 42 régimes, une bonne moitié est beaucoup plus favorable que le régime général des salariés couvrant 80% des personnes travaillant en France. Ces 22 régimes dits spéciaux permettent de partir plus vite et souvent avec des pensions plus élevées que celles du régime général. On comprend donc aisément que les bénéficiaires, les cheminots, les employés d’EDF par exemple, soient particulièrement hostiles à la réforme. Car c’est bien la promesse d’une retraite précoce et d’une indemnisation décente qui a motivé leur carrière au sein de ces grandes entreprises publiques. Ils forment les bataillons les plus déterminés des opposants. Même détermination des professions libérales comme les kinés ou les avocats qui cotisent aujourd’hui beaucoup moins que les autres.

D’autres métiers sont aussi très remontés, comme celui des enseignants

Car la réforme à l’état brut sera dévastatrice pour le calcul de leur pension. Pour éviter leur paupérisation, il est impératif de revaloriser leurs traitements, le gouvernement a promis de prendre en compte leur situation mais sa méthode inquiète. Les enseignants redoutent qu’on leur demande d’abord de travailler plus pour gagner plus, comme l’a laissé entendre le président. De quoi révulser une profession déjà à fleur de peau avec les réformes menées au pas de charge par le ministre de l’éducation. La coagulation d’un malaise pré-existant avec la réforme aux conséquences encore indéfinies pour l’avenir génère naturellement de l’opposition. C’est vrai pour les profs comme pour les personnels de santé, épuisés par le manque de moyens de l’hôpital public, ou pour les cheminots traumatisés par l’évolution récente de la SNCF.

Est-ce que l’âge du départ à la retraite est un enjeu de la réforme ?

La réponse est floue pour le moment, et vous connaissez le dicton, quand c’est flou c’est qu’il y a un loup. Emmanuel Macron avait promis de ne pas toucher à l’âge de départ en retraite, actuellement 62 ans, sauf que le Conseil d’Orientation des retraites a parasité la réforme en publiant des prévisions très pessimistes sur l’explosion du déficit des régimes de retraite dans un futur proche, 2025. Une donnée incontournable: les retraités vivent de plus en plus vieux, ils sont donc de plus en plus nombreux tandis que le nombre des actifs payant leurs pensions évolue moins vite. Faut-il repousser l’âge de la retraite pour rétablir l’équilibre? La question n’a pas été tranchée, publiquement en tout cas, de quoi inquiéter et donc mobiliser l’ensemble des salariés, quel que soit leur régime actuel.

EN BREF

L’économie sud-africaine s’est à nouveau contractée au troisième trimestre. -0,6% selon les chiffres publiés hier. C’est la deuxième fois cette année que le PIB sud-africain recule, l’économie la plus développée du continent est durement affectée par les déboires de sa compagnie d’électricité Eskom. Elle échappe de justesse à la récession qui est déclarée quand deux trimestres négatifs sont consécutifs.

Un nouveau contrat pour Airbus, à la barbe de Boeing. La compagnie américaine United Airlines commande 50 Airbus A321 XLR afin de remplacer des Boeing. Ce nouveau modèle présenté par Airbus au dernier salon du Bourget est un appareil intermédiaire, il n’a pas d’équivalent dans le catalogue du constructeur américain. Deux autres compagnies américaines Jet Blue et American Airlines ont déjà commandé ce nouvel appareil.

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