Au moment où la marine sénégalaise et les autorités se mobilisent pour stopper les embarcations de fortune vers l’Espagne, certains arrivent à tromper leur vigilance. Ce qui fait que des pirogues continuent d’arriver sur les côtes des îles Canaries. Aussi, d’autres cherchent à forcer la frontière espagnole avec l’enclave nord-africaine de Ceuta, en Espagne, à la suite d’un appel lancé sur les réseaux sociaux en faveur d’une tentative de migration massive. Une situation que déplore Mor Kane, ancien député de l’Europe du Sud:
” à Melilla nous avons vu une vague de migrants forcer le barrage pour s’introduire en Espagne. Les autorités les ont accueillis malgré tout. Avant hier, 27 personnes ont été arrêtées alors qu’elles travaillaient dans des plantations. Elles détenaient des documents falsifiés”, regrette-t-il avant de déplorer le nombre de morts dénombrés dans l’embarcation de fortune qui a chaviré au large de Mbour. Il demande aux autorités d’agir pour éviter que les jeunes continuent de mourir en mer:
“Cette année, des milliers de jeunes ont perdu la vie en voulant se rendre en Europe, ils méritent une journée de deuil national et les autorités doivent prendre des mesures fermes. Elles doivent ouvrir des concertations avec la Gambie, la Mauritanie et la Guinée mais également avec tous les pays subsahariens en plus du Maroc pour voir comment juguler ce phénomène “Barça ou Barsak””, a-t-il indiqué avant d’inviter les autorités à mettre en œuvre des mécanismes pour retenir les jeunes qui constituent l’avenir de ce pays: “il faut que l’Union africaine et l’Uemoa travaillent en synergie pour faire un diagnostic de la situation des jeunes et trouver ensemble des solutions qui aideront à retenir ces jeunes prêts à partir en Europe contre vents et marées”, a-t-il ajouté.
En plus de la migration irrégulière, plusieurs sénégalais croupissent dans les prisons en Espagne pour diverses infractions. Ce qui pousse l’ancien parlementaire à inviter ses compatriotes à revoir leur comportement une fois hors du pays pour déconstruire la perception selon laquelle immigration et délinquance vont de pair: ” plusieurs sénégalais sont en difficulté en Espagne et dans d’autres pays. Ils traversent de sérieux problèmes. Pour éviter ces situations, ils doivent respecter les lois et règlements des pays d’accueil et se faire à l’idée que nul n’est au dessus de la loi, qu’ils soient au Sénégal ou ailleurs. Ils doivent aussi respecter les autorités de ces pays pour facilier leur intégration”, invite-t-il.
Mor Kane, qui s’entretenait avec le journal Indépendant, interpelle aussi les autorités sur la situation des sénégalais détenus dans les camps en Espagne: “j’ai effectué une tournée dans les camps de rétention des migrants. J’y ai trouvé des jeunes âgés de 8 ans et 10 ans. Leur place n’est pas là-bas. A cet âge, ils doivent aller à l’école ou être dans des centres pour se former. Je pointe la responsabilité de leurs parents qui les ont mis dans cette situation. Ils doivent savoir que ces enfants ne peuvent pas travailler à cet âge, donc pourquoi les embarquer dans ces pirogues?”, s’est-il désolé.
L’ancien député interpelle également les autorités sur la situation de certains sénégalais qui doivent êtres retournés au pays: “430 sénégalais présents au Maroc doivent être refoulés. Mais les autorités marocaines ont besoin de l’accord de la Mauritanie pour qu’ils puissent traverser le territoire Mauritanien avant d’arriver au Sénégal. La Mauritanie a donné son accord ce mardi. Les femmes qui étaient dans une ambarcation de 230 migrants ayant quitté la Petite Côte sont à Rosso Mauritanie alors que les hommes sont toujours à Nouhadibou”, rappelle-t-il.
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