Le climat politique sénégalais connaît un nouveau regain de tension au lendemain du limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye. La coalition DJONE, dirigée par Mohamadou Moustapha Diagne en alliance avec Pencum Anskan Wi, appelle l’État à suspendre la réunion parlementaire prévue ce mardi. En ligne de mire : la session extraordinaire destinée à installer l’ancien chef du gouvernement à la présidence de l’Assemblée nationale.
L’opposition dénonce une “installation en force”.
Dans un ton particulièrement ferme, la coalition d’opposition fustige ce qu’elle qualifie de “tentative d’installation en force” de la majorité Pastef. Elle demande le gel des activités parlementaires jusqu’à un arbitrage juridique sur la procédure engagée.
Parmi les griefs soulevés figure une saisine urgente du Conseil constitutionnel, appelé à se prononcer sur la légalité du processus. La coalition remet également en cause l’éligibilité d’Ousmane Sonko au perchoir, estimant que l’ancien Premier ministre n’a jamais effectivement siégé à l’Assemblée nationale en qualité de député.
Les opposants évoquent aussi des risques sécuritaires, mettant en garde contre d’éventuels troubles à l’ordre public si la réunion parlementaire venait à être maintenue.
Un sévère réquisitoire contre le passage de Sonko à la Primature
Au-delà de la bataille institutionnelle, Mohamadou Moustapha Diagne a salué le “courage” du chef de l’État avant de dresser un tableau particulièrement critique du passage d’Ousmane Sonko à la tête du gouvernement.
Sur le plan économique, il évoque une perte de confiance des investisseurs ainsi qu’un refroidissement des relations avec le FMI. Sur le plan social, il pointe les mouvements de grève dans les secteurs de la santé et de l’éducation, les retards dans le paiement des bourses étudiantes et les difficultés persistantes du monde rural.
La coalition dénonce également une situation préoccupante dans le secteur des médias, marquée, selon elle, par le retrait de conventions de partenariat et une répartition inéquitable de l’aide publique à la presse.
Elle critique enfin une gouvernance qu’elle juge davantage portée sur le « populisme » et la reddition des comptes que sur l’action publique.
Un appel à l’apaisement
Face à ce qu’elle considère comme une crise politique et institutionnelle, la coalition DJONE appelle le président de la République à privilégier une démarche d’ouverture. Elle plaide notamment pour des concertations avec les anciens chefs d’État, la libération des détenus politiques, la levée des bracelets électroniques et la garantie de procès équitables.
Alors que la date de la réunion parlementaire approche, l’attention reste désormais focalisée sur l’Assemblée nationale, dans un contexte où les tensions politiques semblent loin de retomber.
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