Le Burkina Faso assume pleinement sa rupture avec la France et son rapprochement avec la Russie. Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a réaffirmé cette orientation dans un entretien accordé à la chaîne russe RT, en marge du sommet Russie-Afrique organisé à Moscou, où il représente le président Ibrahim Traoré.
« La France est derrière nous », a déclaré le chef du gouvernement, rejetant les critiques selon lesquelles Ouagadougou aurait simplement remplacé Paris par Moscou. Selon lui, le Burkina Faso a plutôt choisi de changer de modèle de coopération pour privilégier des relations fondées sur la réciprocité, la transparence et le respect de la souveraineté nationale. « Nous avons quitté un type de coopération pour un autre type de coopération », a-t-il expliqué.
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également défendu le partenariat avec Moscou, affirmant que la Russie n’avait jamais colonisé un pays africain et ne cherchait pas à imposer sa langue ou sa culture aux peuples partenaires. Il a, dans le même temps, dénoncé ce qu’il considère comme des pratiques impérialistes françaises et des accords déséquilibrés hérités de la période coloniale. Le Premier ministre a toutefois tenu à préciser que cette rupture politique ne signifiait pas une hostilité envers le peuple français.
Souveraineté économique et coopération militaire
Sur le plan économique, le chef du gouvernement a défendu la stratégie des autorités burkinabè, axée sur la valorisation des ressources nationales, le développement des compétences locales et la transformation des matières premières sur le territoire. La formation, le transfert de technologies et l’augmentation de la production alimentaire figurent parmi les priorités affichées par Ouagadougou.
« La première de ces potentialités, c’est le peuple burkinabè », a-t-il déclaré, mettant en avant la jeunesse et les richesses naturelles du pays. Il a également rejeté les prévisions pessimistes formulées après la rupture avec Paris, estimant que le Burkina Faso n’avait jamais enregistré une situation aussi favorable sur les plans économique, financier et du développement. Ces déclarations traduisent la position du gouvernement, sans constituer, à elles seules, une évaluation indépendante des performances économiques du pays.
Sur le plan sécuritaire, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a attribué une partie du renforcement des capacités des forces burkinabè à la coopération militaire avec la Russie. Il a notamment évoqué l’accompagnement d’instructeurs russes dans la prise en main des équipements militaires acquis par le Burkina Faso, ainsi que le partage d’expériences opérationnelles entre les deux pays.
Depuis la dégradation de ses relations avec Paris et le départ des forces françaises, Ouagadougou a réorienté ses partenariats sécuritaires, notamment vers Moscou. Cette stratégie s’inscrit dans la dynamique de souveraineté défendue par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
Enfin, le Premier ministre a dénoncé les campagnes de désinformation visant, selon lui, les pays de l’AES et plaidé pour des relations internationales fondées sur le respect de l’indépendance des États. Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, le Burkina Faso a fait de la souveraineté politique, économique et sécuritaire l’un des axes majeurs de sa politique.
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