
Le parlement Rwandais a adopté une loi qui fera désormais du Swahili l’une
des quatre langues officielle du pays. Certes le Rwanda n’est pas le premier
pays de l’Afrique de l’est à le faire, le Kenya et la Tanzanie ont déjà en
commun cette langue. N’est-ce pas d’ailleurs là, la force de ces pays le
Rwanda, le Kenya et la Tanzanie des pays en bonne croissance depuis
quelques années? Sans doute! On peut dire que la langue est aux pays ce
que la monnaie est également aux grandes nations. Lorsqu’un pays se sert
de sa propre monnaie son développement suit un cours particulier
contrairement à ceux qui sont dépendants, c’est de même pour la langue.
La langue est d’abord un vrai vecteur de cohésion nationale, ensuite tous
les enjeux de développement sont mieux expliqués et compris de tous et la
langue est un moyen d’indépendance. Paul Kagamé par l’adoption de cette
loi vient de renforcer encore sa volonté de faire de la culture le principal
moteur du développement. Un bel exemple qui avait conduit le président
Béninois Patrice Talon à aller s’inspirer du modèle Rwandais avant de lancer
son plan d’action de développement pour son mandat. Cependant on peut
dire aussi que c’est une gifle que le Rwanda vient de donner à la France
après avoir fait passer l’anglais devant le français aujourd’hui c’est le
Kinyarwanda et le swahili qui occupent des places de choix dans
l’administration et les écoles Rwandaises. Pendant ce temps beaucoup de
colonies françaises continuent de faire la promotion du français à travers
un machin appelé la francophonie. A quand le tour des autres pays
africains? Mais derrière toute cette volonté du président Kagamé il ne faut
pas occulter le bras de fer diplomatique entre la France et le Rwanda dans
la recherche de la vérité sur le génocide Rwandais. C’est un défi que le
Rwanda montre à la France en la touchant aussi par sa culture précisément
la langue qui fut l’un de ses moyens de conquête de l’Afrique francophone.
Albert Nagreogo à Ouagadougou



