Le président Emmanuel Macron est entré ce mardi soir dans la mêlée en vue des élections européenne. Il s’est invité dans un restaurant parisien où se réunissaient les candidats de la liste «Renaissance» et les principaux cadres de la campagne. L’occasion de sonner la mobilisation générale à moins de trois semaines du scrutin. Doit-il aller plus loin, en soutenant Nathalie Loiseau lors d’un meeting ? Le débat n’est pas tranché et divise dans son propre camp
Il n’est pour l’instant qu’une voix off dans une vidéo diffusée en début de meeting : Emmanuel Macron voudrait maintenant faire une apparition en chair et en os !
L’Europe, c’est sa bataille, depuis le premier jour. Mais voilà, beaucoup, dans sa garde rapprochée, le dissuadent de monter à la tribune. Cela donnera une cible à l’opposition, assure un proche du président. Un dirigeant d’En Marche redoute lui que ne s’ouvre un débat qui parasiterait la campagne sur le thème : le président de tous les Français peut-il prendre part à un meeting dans une élection partisane ?
Autre piste sur la table : une interview ou un déplacement spécifique… Rien n’est tranché, dit-on à l’Elysée. Dans tous les cas, Emmanuel Macron s’implique déjà dans la campagne : comme lundi soir quand il a dévoilé un plan pour la biodiversité alors même que l’écologie est la priorité affichée de Nathalie Loiseau. Et c’est bien le visage du président qui apparait en bonne place sur les tracts de campagne.
Alors que La République en marche et le Rassemblement national sont au coude à coude dans les sondages, le député Sacha Houlié est favorable à une plus grande implication du chef de l’Etat dans la campagne. Si l’opposition reproche au chef de l’Etat de sortir de son rôle de président de tous les Français, peu importe selon lui « ce procès nous sera de toute façon fait. Donc prenons en notre parti et assumons totalement que nous sommes pour reconstruire, rénonver l’Union européenne et que la meilleure figure de proue, la personne qui est visionnaire en la matière, c’est le président de la République !».
Olivier Faure en revanche, le patron des socialistes, dénonce l’omnipotence du président au service de sa propre politique. « Chacun l’a compris: ce président il est président, il est aussi Premier ministre, ministre, président de l’Assemblée, président du groupe à l’Assemblée pour la majorité et maintenant il est même candidat aux élections européennes ! »



