L’artiste américaine est en colère contre son ancien label et manager. Les artistes pensaient s’affranchir des intermédiaires avec l’arrivée du streaming. Il n’en est rien, explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
Pertes & profits. On passe de bons artistes au Bluebird Cafe de Nashville. La capitale de la country music regorge de guitares et d’espoirs en herbe. Ce jour de 2005, Scott Borchetta, un ancien coureur automobile reconverti dans la musique, y écoute une jeune adolescente de 14 ans enchaîner les ballades sirupeuses. Il lui propose de devenir la première artiste de la nouvelle société qu’il vient tout juste de créer, appelée « Big Machine ». Scott et sa nouvelle conquête, Taylor Swift, iront très loin ensemble. Moins de quinze ans plus tard, la blonde Taylor est devenue une star mondiale, cumulant les prix, les concerts géants et des albums, vendus à plus de 50 millions d’exemplaires.
Cette belle romance, qui ressemble aux thèmes de ses chansons aux accents country pop, devait avoir une fin. En 2018, la chanteuse quitte Big Machine pour travailler en direct avec son distributeur, Universal. Et, ce dimanche 30 juin 2019, Scott Borchetta annonçait la vente de sa société à l’un des plus célèbres manageurs américains, celui qui s’occupe entre autres de Justin Bieber et Ariana Grande, autres stars millennials, nées après la vague numérique et le désastre du piratage des années 2000.
D’autres intermédiaires
La petite fille de Nashville, qui n’a pas sa langue dans sa poche, n’a pas du tout apprécié cette opération qui la concerne au premier chef puisque la valeur de Big Machine réside en grande partie dans ses six premiers albums dont elle n’a plus la propriété. C’est le pire des scénarios, s’est-elle exclamée en substance sur son blog. Elle assure avoir demandé durant des années à récupérer les droits de sa musique. Mais Scott Borchetta préfère vendre à son ennemi, l’agent de son rival Justin Bieber. Les gazettes people adorent.



