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RDC: Ambongo cardinal, une récompense de la lutte de l’Église pour la démocratie

L’archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, nouvellement créé cardinal par le pape François, le 5 octobre 2019.
© Tiziana FABI / AFP

La cérémonie par laquelle Fridolin Ambongo est devenu cardinal a été très suivie ce vendredi 5 octobre à l’église Saint-Albert de Kinshasa, où officie l’abbé Vincent Tshomba, qui est à l’image du nouveau cardinal : impliqué dans le combat politique pour l’obtention d’élections lorsque le dernier mandat de Kabila se prolongeait.

En décembre 2017, l’abbé Tshomba de l’église Saint-Albert de Kinshasa avait lancé « l’opération cloche », ne voyant pas venir les élections négociées pour cette fin d’année par l’Église catholique avec la classe politique. Depuis sa paroisse, l’abbé Tshomba faisait sonner les cloches tous les soirs à 21h et appelait ses paroissiens à faire du bruit.

« C’était une sorte d’éveil, explique-t-il. Éveil des consciences, mais aussi comme une sorte d’exorcisme pour libérer le peuple de la peur. Comme une sorte de préparation pour qu’après, on organise des marches. »

Encourager la démocratisation du pays

L’abbé Tshomba a annoncé aux fidèles la nouvelle en lingala. Son archevêque Fridolin Ambongo est devenu le deuxième cardinal du Congo. Depuis le 5 octobre, la République démocratique du Congo (RDC) a donc deux cardinaux.

Après Laurent Monsengwo, Fridolin Ambongo faisait partie des 13 cardinaux « créés » le 5 octobre par le pape François. Pour l’abbé Tshomba, le pape l’a choisi pour encourager l’implication du clergé congolais dans la démocratisation du pays.

« Le terme clé du message du pape était la compassion, poursuit l’abbé Tshomba. Mais il est revenu sur l’aspect symbolique aussi, la couleur de peau, le rouge qui est la couleur du sacrifice. Être prêt à verser son sang pour montrer que l’Église continue à s’impliquer, que cela ne peut pas s’arrêter quelque part. Cela doit se poursuivre. »

Les paroissiens de la paroisse Saint-Albert le réclament aussi, dans un pays où curés et fidèles ont été battus ou tués jusque devant leurs églises pour avoir réclamé l’ouverture démocratique ou l’organisation d’élections.

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