
Un décret encadrant le prix des gels hydroalcooliques devrait être mis en vigueur vendredi.
AFP/LOIC VENANCE
La production de gel hydroalcoolique en officine est envisagée par les pharmaciens. En faire chez soi reste vivement déconseillé.
Il est vite devenu la star des étals des magasins et des pharmacies dans l’épisode actuel d’épidémie de coronavirus. Le gel hydroalcoolique, bien utile pour se laver les mains dans les transports ou dans la rue est maintenant très difficile à trouver pour quiconque veut s’en procurer. De nombreuses pharmacies sont en pénurie et certains vendeurs profitent exagérément de la très forte demande.
Des prix exorbitants ont été observés, jusqu’à six à sept fois le tarif habituel, obligeant Bruno Le Maire à prendre un décret afin d’encadrer les prix du gel. Mercredi soir un plafond à “2€ les 50 ml” et “3€ les 100 ml”, a été évoqué par Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des finances, sur BFMTV. Des hôpitaux de Paris ou de Marseille ont également essuyé des vols de flacons. Voici trois solutions pour gérer la pénurie du précieux liquide.
En fabriquer en pharmacie
La proposition a été envoyée en “fin de semaine dernière”, informe Carine Wolf-Thal. Le Conseil de l’ordre des pharmaciens qu’elle préside a demandé au ministère de la Santé de prendre un arrêté afin d’autoriser – de façon temporaire – les officines à fabriquer du gel hydroalcoolique. Pour l’heure, sa production est encadrée par des réglementations européennes et nationales, comme tous les autres produits de la famille des “biocides”, des désinfectants. Donc interdite aux pharmaciens. “C’est en cours d’arbitrage, la réponse devrait intervenir dans les heures où les jours à venir”, précise Carine Wolf-Thal. “Les pharmaciens d’officines ont l’habitude, ils disposent de bonnes pratiques et notamment des règles d’étiquetage déjà établies, avec notamment la présence obligatoire du logo produit inflammable”, ajoute-t-elle pour légitimer sa demande. Le dakin, un antiseptique ou encore le cérat de galien, une crème pour la peau, peuvent par exemple être préparés en pharmacie.
La recette utilisée serait celle recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), consultable sur Internet. Jocelyne Wittevrongel, pharmacienne dans l’Indre et secrétaire générale de la Fédération des pharmaciens d’officine (FSPF), le syndicat majoritaire, a appuyé la demande de l’Ordre. Elle fait état de “tensions d’approvisionnement” partout en France. Dans sa pharmacie de l’Indre, elle a reçu six flacons de 500 ml en début de semaine. “Tous étaient réservés à des professionnels de santé”, confie-t-elle. La population doit se contenter de petits flacons vendus au compte-gouttes : “un par famille”, limite-t-elle.
“Si nous sommes autorisés à en fabriquer on sera moins limité. Seulement, peut-être par les conditionnements, l’emballage. Mais l’idée ce serait que les particuliers puissent revenir avec leurs flacons vides à chaque fois”, propose Carine Wolf-Thal.
Une pharmacie a d’ores et déjà bravé l’interdit, à Caen. “Ça nous permet de tenir quelques engagements vis-à-vis des patients mais la demande est telle qu’en quelques heures, les stocks que nous fabriquons sont d’ores et déjà épuisés”, a déclaré le pharmacien Franck Quesnelle, à France 3. La semaine dernière, sa première production s’est écoulée en moins de deux heures.
Préférer le savon et… attendre
Le meilleur moyen d’éviter la pénurie de gel hydroalcoolique reste… de ne pas en abuser. Jocelyne Wittevrongel le rappelle : “Il n’est pas recommandé de se laver les mains sans cesse avec ce gel”, insiste-t-elle. Principalement composé d’alcool, celui-ci risque “d’assécher les mains”. La solution est simple : “Dès que l’on se trouve à proximité d’un point d’eau, ne pas hésiter à l’utiliser. Et bien frotter, au minimum trente secondes, entre les doigts, sur le dessus de la main.” Toutes les heures, au mieux.



