VIDÉO. Des annonces budgétaires fortes, mais un grand flou sur le déconfinement culturel : le président s’est adressé au monde de la culture sinistré

Quel joli lapsus présidentiel… « Il va falloir trouver de nouvelles manières de toucher le public », a dit un Emmanuel Macron très en verve. « Toucher », quand tout le drame du monde culturel est de répéter, de tourner, de danser, de rouvrir enfin des lieux se caractérisant par leur promiscuité, en évitant, précisément, le contact.
Pas sûr que le lyrisme un peu échevelé de ce président en bras de chemise siée à la gravité de la situation. Comme galvanisé par ses échanges en visioconférence avec une dizaine d’artistes – dont Sandrine Kiberlain, Abd al Malik, Norah Krief, Catherine Ringer –, Emmanuel Macron a finalement improvisé une allocution assez désordonnée dont on a tout de même compris deux annonces fortes : la prolongation de la période de calcul des droits des intermittents et la création d’un fonds d’indemnisation temporaire pour les séries et les tournages annulés.
Victoire des intermittents
Les intermittents ont donc gagné : Emmanuel Macron ne souhaite pas appeler cette mesure « année blanche », qui renverrait à une année comme perdue pour la création et le paysage artistique, mais évoquer l’horizon d’« août 2021 » revient somme toute au même, à charge pour Muriel Pénicaud, Bruno Le Maire et Franck Riester de traduire concrètement cette mesure budgétaire totalement inédite. Quant au fonds d’indemnisation, l’idée est d’« enclencher et de mettre au pot », mais « les assureurs, les banques, les Sofica doivent venir avec nous, ils profitent du cinéma toute l’année, on va donc aujourd’hui les mettre devant leurs responsabilités ». Au moins ce message-là a-t-il le mérite d’être clair…
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Quant à l’idée de mettre les artistes à l’école, en somme de les réemployer, en l’absence de commandes, pour l’éducation, elle paraît, à ce stade où les écoles semblent déjà tant peiner à rouvrir, bien nébuleuse. « D’autres colonies de vacances sont à réinventer », a dit le président – à deux mois de l’été ! Si elles sont animées par Abd al Malik et Catherine Ringer, nos enfants, qui ne seront, pour une grande partie d’entre eux, sans doute pas du tout retournés à l’école, vont décidément bien se marrer.



