AccueilCULTURE«Autant en emporte le vent», l’enjeu de la nouvelle traduction

«Autant en emporte le vent», l’enjeu de la nouvelle traduction

 

Détail de la couverture du roman « Autant en emporte le vent », de Margaret Mitchell, dans la nouvelle traduction de Josette Chicheportiche, aux éditions Gallmeister.
Détail de la couverture du roman « Autant en emporte le vent », de Margaret Mitchell, dans la nouvelle traduction de Josette Chicheportiche, aux éditions Gallmeister.  © Éditions Gallmeister

Texte par :Sophie TorlotinSuivre

Depuis sa parution en 1936, et son adaptation au triomphe phénoménal sur grand écran, Autant en emporte le vent n’avait jamais autant fait couler d’encre. En France paraît ce jeudi 11 juin une nouvelle traduction du roman (tombé dans le domaine public) chez Gallmeister.

Le roman de Margaret Mitchell, qui se situe dans le milieu des riches planteurs esclavagistes du sud des États-Unis pendant la guerre de Sécession, trouve un écho inattendu en ce moment, alors que des manifestations dans le monde entier dénoncent les violences policières et le racisme dont sont encore victimes les descendants d’esclaves.

Aux États-Unis, la plateforme HBO Max vient de retirer le film de son catalogue et le remettra assorti d’une note en restituant le contexte historique.

En France, la publication d’une nouvelle traduction du roman chez Gallmeister pose la question : comment retraduire un monument de la littérature américaine, prix Pulitzer de la fiction en 1937, vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde ?

« Scarlett O’Hara n’était pas belle »

NewsletterRecevez toute l’actualité internationale directement dans votre boite mailJe m’abonne 

Josette Chicheportiche s’est détachée de la traduction française établie en 1939. Et son texte est beaucoup plus fidèle au roman d’origine : « Ne serait-ce que la première phrase. En anglais, cela commence avec : “Scarlett O’Hara was not beautiful”. Lui, il l’avait traduit : “Scarlett O’Hara n’était pas d’une beauté classique”. Et moi, j’ai traduit : “Scarlett O’Hara n’était pas belle”. »

En 1939, le premier traducteur avait choisi de faire parler les esclaves d’une manière très particulière. Il qualifiait ce langage – en revendiquant son emploi – de « petit-nègre ». Pour Josette Chicheportiche, ce choix est très lié à l’époque, non au texte d’origine. « À l’époque, c’était Y’a bon Banania, c’était Tintin au Congo, c’était l’époque des colonies. Donc, il a dû dire : “Margaret Mitchell, voilà. Moi, j’ai reproduit “petit-nègre”, parce que c’est comme ça qu’on fait parler les Noirs dans la littérature française“. »

L’inspiration de Maupassant et George Sand

Josette Chicheportiche a choisi une autre option : « Je me suis inspirée un peu de la façon dont Maupassant ou George Sand faisaient parler les paysans. J’ai essayé d’avoir une langue assez musicale, chantante. »

En français, le texte de Margaret Mitchell existe désormais en deux versions : la version française d’origine chez Gallimard, et la nouvelle traduction chez Gallmeister.

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PUBLICITE

spot_img

PODCASTS

Recent Comments