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Anxiété : pourquoi la relaxation fait parfois empirer les choses

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Si la relaxation est censée être bénéfique, elle ne l’est visiblement pas pour tout le monde. Chez les personnes naturellement anxieuses, elle peut ne pas avoir l’effet escompté, comme l’explique une nouvelle étude.

Anxiété : pourquoi la relaxation ne fonctionne pas toujours© istock

Faire de la relaxation pour lutter contre l’anxiété. Voilà une astuce qui, en théorie, fonctionne pour tous. Cependant, il arrive que la relaxation n’a pas l’effet escompté, voire empire l’état d’anxiété.

En cause, un mécanisme d’adaptation contre-intuitif : certaines personnes anxieuses de nature auraient tendance à résister à la relaxation et à continuer de s’inquiéter afin d’éviter d’être prises au dépourvu. On parle d’anxiété induite par la relaxation.

Dans une nouvelle étude, des chercheurs de la Penn State University (États-Unis) ont en effet découvert que les personnes plus sensibles aux changements d’émotions (d’un état de détente à la peur par exemple), étaient plus susceptibles de se sentir anxieuses lorsqu’elles effectuaient des exercices de relaxation.

La théorie tourne autour de l’idée selon laquelle les gens peuvent être anxieux intentionnellement afin d’éviter la déception qu’ils pourraient ressentir si quelque chose de mauvais se produisait”, a détaillé Michelle Newman, professeure de psychologie et coauteure de l’étude. “Cela n’aide en rien et ça rend malheureux. Mais comme la plupart des choses pour lesquelles on s’inquiète n’arrivent jamais, l’idée qui est renforcée dans le cerveau, c’est : ‘je me suis inquiété et ça ne s’est pas produit, donc je devrais continuer de m’inquiéter’, a ajouté la chercheuse. C’est aussi un peu comme une personne qui a toujours vécu avec des allergies et qui se réveillerait un jour sans aucune allergie : elle paniquerait et se demanderait ce qui “cloche” chez elle.

L’étude a ici été menée auprès de 96 étudiants, dont 32 étaient atteints de t 34 de trouble dépressif majeur, et 30 qui n’avaient aucun trouble de ce type. Les participants se sont adonnés à des exercices de relaxation, puis ont regardé des vidéos pouvant susciter peur ou tristesse. Les étudiants ont ensuite répondu à des questions conçues pour mesurer leur sensibilité aux changements d’état émotionnel. Une 2e séance de relaxation a été entreprise, et suivie d’un questionnaire mesurant l’anxiété.

C’est ainsi que les chercheurs ont constaté que les personnes souffrant de trouble anxieux généralisé étaient plus sensibles aux changements d’émotions négatives, et plus anxieuses lors des séances de relaxation. Un effet similaire bien que moins fort a été observé chez les personnes souffrant de dépression.

Les auteurs de l’étude, parue dans le Journal of Affective Disorders, espèrent que cette étude aidera les praticiens à mieux prendre en charge les personnes anxieuses, chez qui la relaxation ne porte visiblement pas ses fruits. Les chercheurs évoquent notamment la pleine conscience ou la désensibilisation aux changements d’émotions.

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