Au Cambodge, un immeuble en cours de construction s’est effondré au petit matin à Sihanoukville ce samedi 22 juin. Le chantier détenu par un investisseur chinois n’aurait pas reçu les autorisations nécessaires. Ces dernières années, la cité côtière est devenue l’un des symboles des nombreux investissements chinois au royaume cambodgien, dont Pékin est aujourd’hui l’un des principaux partenaires en développement. Mais la frénésie spéculative et immobilière se retrouve au cœur des débats.
Au petit matin, des ouvriers présents sur le chantier se sont retrouvés piégés sous les décombres. Le bilan est actuellement de sept morts et une vingtaine de blessés. Mais il pourrait s’alourdir, alors que des ouvriers seraient encore ensevelis. On ne connaît pas encore la raison de l’effondrement de l’immeuble. Quatre ressortissants chinois, dont un superviseur du chantier, sont interrogés par la police.
En quelques années, la ville côtière de Sihanoukville est devenue l’enjeu d’investissements importants venus de Chine. En 2018, un tiers des touristes au Cambodge étaient chinois, et un quart d’entre eux déclaraient venir pour y faire affaire. Sihanoukville est aujourd’hui bien loin de l’image de carte postale qui a fait sa réputation. C’est un véritable chantier à ciel ouvert censé devenir une destination côtière de haut standing.
Sihanoukville, samedi 22 juin 2019.Ly LAY / AFPLa police aurait demandé à deux reprises l’arrêt du chantier
Le nombre d’immeubles de plus de cinq étages est passé de 188 en 2017 à 238 en 2018. Le développement rapide de la ville repose notamment sur l’ouverture de dizaines de casinos, principalement par et pour cette nouvelle clientèle chinoise. On comptait une quinzaine d’établissements en 2015, contre près de 90 aujourd’hui.
Envol du prix des loyers, problème de gestion des ordures, hausse de la criminalité, rejets d’eaux polluées dans la mer : les conséquences de cette frénésie immobilière sont critiquées par de nombreux activistes. L’immeuble qui s’est effondré n’aurait pas reçu les autorisations nécessaires et la police aurait demandé à deux reprises l’arrêt du chantier. Le bâtiment était pourtant achevé à 80% quand il s’est abattu ce samedi matin.
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