Le géant de la vidéo en ligne par abonnement attire moins de nouveaux abonnés, et voit son cours de Bourse reculer, juste au moment où la concurrence cherche à profiter d’un marché dont l’expansion ne se dément pas.

La sanction n’a pas traîné. Quelques heures après avoir publié des résultats décevants, mercredi 17 juillet, Netflix a vu le cours de son action reculer de plus de 10 % à Wall Street.
Après la clôture, jeudi, le titre s’établissait à 325,21 dollars (289 euros) sur le Nasdaq, son plus bas niveau depuis la fin janvier. Ce décrochage témoigne des doutes des investisseurs sur les perspectives à long terme du géant américain de la vidéo en ligne, à un moment où la guerre du streaming est relancée par l’apparition d’un nouvel acteur – Disney, dont la plate-forme est annoncée pour le 12 novembre aux Etats-Unis.
Pour la première fois en douze ans, Netflix a perdu des abonnés – 126 000 se sont désinscrits au deuxième trimestre aux Etats-Unis. Sur le plan mondial, le pionnier de la vidéo à la demande par abonnement n’a fait état que de 2,7 millions de nouveaux clients payants entre avril et juin, soit moitié moins que ce qu’il prévoyait. Il continue néanmoins à afficher 151,6 millions d’abonnés, ce qui en fait le leader du marché, loin devant Hulu, Amazon, YouTube et, en Inde, Hotstar.
Selon les analystes, cette contre-performance s’explique par l’augmentation des tarifs, de 13 % à 18 %, sur le marché américain. L’abonnement coûte maintenant 13 dollars par mois, soit 5 dollars de plus qu’au moment du lancement, pour la même offre. « Nous avons manqué nos prévisions dans toutes les régions, mais un peu plus dans les régions où les prix ont augmenté », a reconnu le PDG, Reed Hastings.
Absence de nouveaux épisodes des séries originales
Seconde explication : l’absence de nouveaux épisodes des séries originales qui sont plébiscitées par les spectateurs comme The Crown, la création américano-britannique sur le règne d’Elizabeth II, ou le feuilleton mi-horreur mi-science fiction Stranger Things.
La société de Los Gatos (Californie) compte arrêter l’érosion au prochain trimestre grâce à la troisième saison de Stranger Things – lancée le 4 juillet avec une audience record –, la dernière saison d’Orange is the New Black – fiction sur l’univers carcéral –, et le lancement en exclusivité du film de Martin Scorsese, The Irishman. Ses projections font miroiter une perspective de près de 7 millions de nouveaux abonnés d’ici à la fin septembre, assure-t-elle, dont 800 000 aux Etats-Unis et 6,1 millions dans le reste du monde.



