La loi sur le viol est dissuasive. Depuis son vote, en décembre 2019, les cas de viol ont relativement diminué. Ceux commis avec violence aussi. C’est un constat des services du ministère de la Justice. « Il y a une diminution. Mais elle n’est pas significative. Si l’on prend l’exemple des Tribunaux de grande instance (TGI) de Mbour, Thiès et de Kaolack, nous avons noté entre 26 et 56 cas. Je considère que ce sont des chiffres assez importants. Mais ils sont en baisse par rapport aux chiffres que nous avions bien avant l’adoption de la loi », a fait savoir la Secrétaire générale du ministère de la Justice, Aïcha Gassama. Présidant, ce samedi à la mairie de Derklé, un atelier de sensibilisation sur la question, Aïcha Gassama a exhorté les populations à s’approprier de la loi. Qui, pour elle, va s’appliquer dans toute sa rigueur avec des peines sévères allant jusqu’à la récrimination à perpétuité. « Nulle n’est censé ignorer la loi. L’atelier d’aujourd’hui, qui regroupe les imams, les Badianu Gokh, c’est pour la vulgarisation et à la sensibilisation des populations. La loi sur le viol a été votée depuis une année. Mais on se rend compte que les populations ne savent pas le contenu de cette loi. Les victimes d’agressions sexuelles ne savent pas ce qu’ils doivent faire lorsqu’il y a atteinte à leur intégrité physique », a-t-elle déclaré.
Selon la Secrétaire générale du ministère de la Justice, même si la loi a été votée depuis plus d’une, elle n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation exhaustive. Pour elle, l’heure est à la sensibilisation. Ce que le ministère, via sa cellule, genre a démarré à Derklé et compte la poursuivre dans les autres communes. « Il est prématuré de faire une évaluation objective de cette loi. Néanmoins, au niveau du ministère, nous avons commencé la collecte de données qui nous permet de dire que les actes de viol et de pédophilie continuent à être commis même si on a noté une certaine diminution », a fait savoir Aïcha Gassama.
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