La « Loya Jirga » afghane, grande assemblée entre membres de la société civile et du gouvernement se réunissant pour étudier les pourparlers de paix qui doivent être négociés avec les talibans au Qatar, a démarré ce lundi 29 avril 2019. Trois mille personnes étaient attendues à Kaboul avec un message en faveur de la paix.
Avec notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali
Ce lundi matin, les participants se sont installés sous un chapiteau, en présence du président Ashraf Ghani.
Accompagné de son épouse Rula, il a salué à son arrivée toute l’assemblée, organisée en longue rangées successives. Puis il s’est exprimé.
Au premier rang : des membres du gouvernement, d’anciens chefs de guerre qui participent aux efforts de paix, comme Sayyaf, assis à la gauche du chef de l’Etat et que ce dernier a désigné ce lundi chef de cette Joya Jirga.
Ou encore Sima Samar, présidente de la Commission indépendante afghane des droits de l’homme, et des ambassadeurs étrangers.
L’optimisme des participants
L’état d’esprit général, c’est l’optimisme. Les différents participants viennent de tout l’Afghanistan, y compris de districts qui sont le théâtre de violents combats entre les talibans ou le groupe Etat islamique et les forces de sécurité afghanes.
Il y a aussi les « barbes blanches », ces détenteurs souvent âgés et respectés du pouvoir communautaire local.
Mais également, outre les militants des droits de l’homme et autres membres de la société civile, des parlementaires, des représentants de partis politiques. Quelque 30% des participants sont des femmes.
Quelques absences de marque
Il y a tout de même des absents, comme le chef de l’exécutif Abdullah Abdullah, qui a refusé jusque-là de participer, bien que son portrait trône sur l’estrade près de celui du président.
Une douzaine de candidats à la présidentielle de septembre prochain ont également décliné l’invitation. Changeront-ils d’avis dans les prochains jours ?
C’est la question que tout le monde se pose. Leur absence révèle, une fois de plus, la fragilité du gouvernement afghan et la désunion de la classe politique.
Et ce, alors que les talibans, qui ont refusé de participer à cette Loya Jirga, sont en position de force dans les discussions bilatérales qu’ils ont avec les Etats-Unis au Qatar.



