La tragédie au large de Mbour après le chavirement d’une pirogue, avec à bord plus de 200 candidats à la migration irrégulière, continue de faire réagir les sénégalais, dépassés par l’ampleur de la situation. En effet, le président de l’association Sama Chance, qui s’est confié au journal l’Indépendant, qualifie ce drame de tragédie humaine “qui reflète la réalité tragique de la migration irrégulière”.
Poursuivant, Alioune Fall ajoute qu’il met en lumière le désespoir de nombreux jeunes qui risquent leur vie dans l’espoir d’un avenir meilleur, “fuyant souvent des conditions économiques difficiles”.
M. Fall trouve que cette situation appelle à une réflexion profonde sur les causes structurelles du phénomène migratoire, “que ce soit au niveau national ou international, et sur la nécessité de proposer des solutions à la fois économiques et sociales pour réduire ces risques”.
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est incliné devant la mémoire des victimes du naufrage, lors du Conseil des ministres de ce mardi 10 septembre, soit 48 heures après le chavirement de la pirogue. Pour Alioune Fall, le chef de l’Etat a, sans doute, préféré attendre d’avoir des informations complètes avant de s’exprimer publiquement, “afin d’éviter toute confusion ou spéculation”. Toutefois, estime-t-il, “cette prise de parole est un signe que les autorités sont conscientes de l’ampleur de la tragédie”. Le président de Sama Chance est d’avis que dans de tels moments, “la communication des autorités est cruciale pour rassurer l’opinion publique et exprimer leur solidarité envers les familles endeuillées”. A l’instar de certains sénégalais, M. Fall est d’avis que cette tragédie mérite une reconnaissance officielle à travers un deuil national. “En décrétant quelques jours de deuil, l’État pourrait non seulement montrer sa compassion envers les familles des victimes, mais aussi sensibiliser la population sur les dangers de la migration irrégulière”, fait-il savoir rappelant qu’un tel geste symbolique “pourrait également encourager une prise de conscience collective et rappeler l’urgence d’une réponse adéquate à la question migratoire”.
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