
En réagençant la structure des molécules de sucre, des chercheurs européens affirment avoir trouvé une substance antivirale quasi universelle qui détruit par simple action mécanique dans l’organisme de nombreux pathogènes. Un traitement sucré qui aiderait à lutter contre les virus émergents, comme le coronavirus d’origine chinoise pour lequel il n’existe encore aucun vaccin ou médicament, ambitionnent les scientifiques.
Les médecins, pour traiter une infection d’origine bactérienne, nous prescrivent, la plupart du temps, des antibiotiques. Malheureusement, ces remèdes n’ont aucun effet contre les virus dont le nom, par ailleurs, signifie poison en latin. Un patronyme qui leur va comme une moufle, puisqu’il n’existe toujours pas de traitement in vivo agissant à la manière des bactéricides afin de les éradiquer.
Seuls, quelques médicaments spécifiques parviennent dans certains cas à inhiber leur croissance dans l’organisme sans toutefois les détruire complètement. Alors fin de l’histoire ? Pas tout à fait ! Des chercheurs suisses et britanniques des universités de Genève, de Manchester et de l’École Polytechnique de Lausanne, expérimentent depuis des années une nouvelle approche pour combattre tous types de virus en utilisant des leurres.
Leurs premiers essais portaient sur des nanoparticules d’or, imitant les récepteurs des cellules humaines que les virus tentaient en vain d’infiltrer, jusqu’à se déformer et briser leur structure, les rendant ainsi inoffensifs.
En reprenant le même concept, les scientifiques ont préféré modifier cette fois des molécules de sucre plus simples à structurer en employant un dérivé naturel du glucose dénommé la cyclodextrine.
« Ce produit non toxique pour l’organisme est déjà largement utilisé dans la pharmacie, la cosmétique et comme additif alimentaire », expliquent les chercheurs dans la revue Science Advance.
Ils ont mené la plupart de leurs tests sur les grands responsables des infections respiratoires et herpétiques comme celui de l’herpès donc, mais aussi de l’hépatite C, du papillomavirus, de la dengue, et des virus émergents comme le coronavirus qui est apparu en Chine.
« Notre composé serait efficace » pour le combattre, concluent les scientifiques qui ont déposé un brevet et créé une jeune pousse afin d’accélérer sa mise sur le marché des traitements pharmaceutiques. Ces cyclodextrinesmodifiées seraient conditionnées dans des crèmes, du gel ou administrées par vaporisateur nasal.
Mais « Patience et longueur de temps. Font plus que force ni que rage », nous dirait Jean de La Fontaine. De longs tests cliniques sont encore à entreprendre pour valider ces recherches. Espérons, toutefois, que ces essais puissent être réalisés rapidement et bien avant l’apparition d’une prochaine épidémie de virus inconnus.
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