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Arrestations et pillages à Philadelphie après la mort d’un homme noir tué par la police

La ville de Pennsylvanie a vécu une nouvelle soirée de manifestations, mardi, au lendemain de la mort d’un homme noir tué par les forces de l’ordre.

Le souvenir de la mort de George Floyd, un quadragénaire noir asphyxié sous le genou d’un policier blanc fin mai, est encore présent. Depuis, une vague de contestation antiraciste, charriant parfois des violences, traverse les Etats-Unis. La ville de Philadelphie, en Pennsylvanie, a vécu une nouvelle soirée de manifestations, mardi 27 octobre, marquée par des interpellations, tandis que des pillages avaient lieu au lendemain de la mort d’un homme noir tué par les forces de l’ordre.

La police de la ville a prévenu sur Twitter qu’« une foule importante » d’environ 1 000 personnes s’en prenait à des commerces dans le nord-est de « Philly ». Des images tournées d’un hélicoptère montraient des pillards en train de dévaliser un magasin Foot Locker, ainsi qu’une autre boutique, et plusieurs vidéos tournées par des médias locaux ont filmé le pillage d’un hypermarché Walmart, également dans le nord de la ville.

Les manifestations ont, elles, eu lieu dans un autre quartier, à West Philadelphia, où vivait Walter Wallace Junior, cet homme noir de 27 ans abattu lundi après-midi de plusieurs balles en pleine rue par deux policiers, qui ne semblaient pas en danger imminent, comme le montre une vidéo circulant sur les réseaux sociaux.

Les deux policiers suspendus

En début de soirée mardi, ils étaient un peu plus d’un millier à marcher, avant d’être stoppés par la police, qui avait établi un cordon, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). Le cortège s’est alors dispersé, mais plusieurs petits groupes d’une centaine de personnes chacun ont sillonné le quartier, certains brûlant des poubelles et plusieurs canapés, transportés au milieu de la rue.

En plusieurs endroits, la police est intervenue sans sommation pour disperser ces petits groupes, parfois à coups de matraques, et a procédé à plusieurs interpellations. La veille, plus de trente policiers avaient été blessés, dont une policière, renversée « délibérément » par une camionnette, selon la responsable de la police de la ville, Danielle Outlaw. Elle a eu la jambe cassée et était encore hospitalisée mardi.

Les deux policiers impliqués dans la mort de Walter Wallace Jr ont été suspendus dans l’attente des résultats d’une enquête menée par la police et le procureur local. Ils étaient arrivés sur les lieux en réponse à un appel mentionnant une dispute familiale et parlant d’un homme avec un couteau. Selon un porte-parole de la police, Walter Wallace Jr a refusé de lâcher son arme malgré les injonctions des agents.

La famille du jeune homme a affirmé, par la voix de son avocat, que l’appel n’était pas destiné à la police mais aux urgences médicales, car Walter Wallace Jr, qui souffrait de troubles bipolaires, était en proie à une crise. Selon son père, interrogé par le journal Philadelphia Inquirer, la victime souffrait de problèmes psychologiques et était sous traitement. « Pourquoi n’ont-ils pas utilisé un taser [pistolet à impulsion électrique] ? », a demandé Walter Wallace Sr. « Sa mère était en train d’essayer de calmer la situation », a-t-il ajouté.

« Ces policiers étaient mal formés », a estimé Ezra Alidow, artiste noir de 25 ans. « Vous ne pouvez pas rééduquer la haine », a rétorqué Nat Turner, photographe afro-américain de 61 ans, soulignant que le syndicat national d’agents de police Fraternal Order of Police avait récemment apporté son soutien à Donald Trump. Les policiers de Philadelphie « n’ont pas l’air de comprendre que nos vies valent autant que n’importe quelle autre », selon Nat Turner.

La garde nationale appelée

Pour maintenir l’ordre dans cette métropole devenue l’un des principaux champs de bataille électoraux entre républicains et démocrates, la mairie en a appelé mardi à la garde nationale. Le maire démocrate, Jim Kenney, s’est montré inquiet d’une brutale montée de tension, dans une ville où les manifestations de Black Lives Matter, après la mort de George Floyd fin mai, avaient été accompagnées de pillages et de violences, et d’une hausse de la criminalité. Il a cependant fait la distinction entre les « manifestants pacifiques, qui étaient là hier soir et seront peut-être là pendant une semaine ou deux », et « vandalisme et pillage qui ne sont pas des formes acceptables de la liberté d’expression ».

Si les violences se poursuivaient dans les prochains jours, la situation à Philadelphie pourrait devenir un sujet central de cette fin de campagne présidentielle. M. Trump et les républicains ont fait de la montée de la criminalité dans les grandes métropoles – souvent gérées par des démocrates – un argument contre Joe Biden.

Le président américain cite régulièrement la Pennsylvanie – et Philadelphie en particulier – comme un endroit où le risque de fraude électorale est le plus élevé, même si aucun incident n’est venu étayer cette thèse. « Nous surveillons la situation de près. Nous nous tenons prêts à déployer des ressources fédérales, si besoin », déclarait mardi matin Alyssa Farah, directrice de la communication de la Maison Blanche.

M. Biden a lui aussi vite réagi : tout en déplorant une nouvelle « injustice » contre la communauté noire – au cœur de son électorat –, il a mis en garde contre tout pillage et attaque contre des policiers. « Piller n’est pas manifester, c’est un délit », a-t-il souligné. M. Trump est « incapable » de « rassembler les gens, mais nous y arriverons », a-t-il assuré.

Avec Afp

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