Depuis le départ de Misra ( Égypte) de Samba Mingué et de Coumba Bigué N’Daw, les autres familles noires que ceux-ci laissèrent derrière eux ne vécurent pas en sécurité, parce que l’un des descendants de Sangoullé Valy qui voulait administrer ceux qui restaient, après avoir employé tous les moyens de persuasion qui restèrent yains; les obligea à quitter le pays et les suivit partout où ils croyaient pouvoir trouver refuge.
C’est ainsi qu’ils vinrent à Badiar, ou Coly Téguella, successeur de celui qui était venu de Misra à la poursuite des familles rebelles, continua les hostilités en chassant ces mêmes familles vers le pays habité par les Fadoubé, le « Namandiry ».
Il avait comme guide un Peul, Dialalo (de la famille des Yalalbé « Bà ») , dont il est parent, et qui s’appellerait Fouta.
L’arrivée de Coly avec les familles poursuivies par lui amena un désordre général qui obligea les habitants de Namandiry à se disperser devant la force très considérable du conquérant.
La plupart des familles Fadoubé allèrent habiter à un endroit près du Saloum entre le Baol et le Vouly, qu’ils appelèrent Namandiry, en souvenir du pays qu’ils venaient de quitter.
C’est ainsi que l’arrivée de Coly mit fin à la dynastie des Lamfado.
Comme signe du désordre avec lequel les fadoubé quittèrent le Fouta, on découvre souvent la place de leurs anciens villages qu’on reconnaît par des morceaux de Canaries cassées, éparpillés et par son état physique (ils habitaient des endroits un peu surélevés), des petites Canaries contenant des perles de certaine valeur qui formaient leur fortune, soigneusement enfouies dans un coin de la place.
Ces perles sont aussi très recherchées par les femmes toucouleurs.
Continuant toujours sa marche, Coly s’arrêta enfin, sur le conseil de son guide *Fouta*, qui empêcha d’aller plus loin en faisant remarquer le manque d’eau, sous un grand baobab, entre le Djolof et le Namandiry, avec son armée de 3,333 guerriers (Histoire du perroquet).
D’après les uns, c’est un peulh Dialalo, du nom de Obosse Diambel qui suivit l’oiseau (le perroquet), mais d’après une autre version, se serait Fouta, le guide de Coly, qui le suivit par trois étapes jusqu’aux champs de « Vallère Diougto » (Bosséa), où il prit quelques grappes de mil et revint en frayant un passage jusqu’à l’endroit où il avait laissé Coly.
Fouta, à son retour, rendit compte à son maître de la présence des champs de mil cultivés par les Fadoubé et le décida à aller habiter le voisinage de ces champs, à proximité du fleuve.
Obéissant à son habile guide, Coly partit avec son armée vers le pays inconnu.
A son arrivée, il trouva quelques familles qui voulurent résister à son attaque mais qui ne le purent. Les uns se retirèrent en se dispersant dans d’autres pays (Boundou,Baol), et ceux qui restèrent se soumirent et se mirent à la disposition de leur vainqueur.
Parmi ces derniers, les N’Diayebé étaient les plus nombreux et étaient la famille dominante avant l’arrivée du conquérant.
Les N’Diayebé, qui étaient des Ouolofs à l’arrivée de Coly Téguella,furent, par la suite, appelés « Sébbé ».« Sébbés » en touconleur signifie « Ouolof » .
Coly, en soumettant les familles qui ne voulurent partir, s’appropria de leurs chevaux, et les hommes en devinrent plus tard de fidèles guerriers attachés à la personne du « Satigué ».
Il se serait dès lors installé à Agnam Godo(Bosséa).
Il gouverna enfin tout le pays en l’appelant Fouta en l’honneur du guide qui l’y avait conduit. Il partagea ensuite les régions entre les guerriers les plus influents, tels que les ancêtres des « Yalalbé » (peuls de la famille Bà), ses parents, Mory ou Moly Maléga sur la région de Garly (12 kilomètres de Matam), Sama Maliga dont les arrières petits-fils, Gaba Bohoum et Souko Bohoum, s’établirent à Matam et à Koudelle; Aly Maliga à Gouriky, Samba Diam (Ganguel et Djentiang); les deux frères N’Débé et Serigné Maliga qui allèrent dans le Toro pour former les villages de Gamadji et de Lérabé.
Ces vassaux de Coly se firent donner plus tard le titre de Diom (maître) et se firent déclarer maîtres des terrains de culture en vertu du pouvoir qui leur est délégué.



