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CAN Féminine 2026 : le Nigéria miné par un problème des primes impayées

À l’approche du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026 au Maroc, un climat de tension règne au sein de la sélection nigériane. Les championnes d’Afrique en titre préparent leur défense du trophée avec une préoccupation de taille : les primes promises après leur dernier sacre n’ont toujours pas été versées.

À quelques jours de leur premier match contre le Malawi, les Super Falcons, ainsi que les membres du staff technique, attendent toujours le paiement des récompenses financières annoncées par les autorités nigérianes. Selon plusieurs sources, les sommes dues varient entre 50 000 et plus de 100 000 dollars par bénéficiaire. Ce retard nourrit un profond mécontentement et perturbe la préparation de l’équipe.

Interrogé à Londres par le journaliste Ayo Olu Ibidapo, le président de la Commission nationale des sports, Shehu Dikko, a tenté de calmer les inquiétudes. Il a expliqué que ces retards sont liés aux procédures administratives et aux contraintes budgétaires auxquelles l’État est confronté.

Les autorités assurent pourtant que le président nigérian avait donné son accord pour le paiement dès août 2025. Toutefois, ces dépenses, considérées comme exceptionnelles et non prévues dans le budget initial, nécessitent plusieurs validations entre le ministère des Finances et les services du comptable général. Près d’un an après cette approbation, les joueuses attendent toujours le versement de leurs primes. Le gouvernement promet néanmoins que les fonds seront transférés sur les comptes des bénéficiaires, avant ou après la compétition.

Une situation qui se répète depuis des années

Pour les Super Falcons, cette affaire rappelle de nombreux précédents. Les conflits autour des primes et des rémunérations font malheureusement partie de l’histoire de la sélection nigériane.

En 2004, après leur titre continental remporté en Afrique du Sud, les joueuses avaient organisé un sit-in de plusieurs jours dans leur hôtel de Johannesburg afin d’obtenir le paiement de leurs indemnités.

Le scénario s’était reproduit en 2016 après leur victoire au Cameroun. Les championnes d’Afrique avaient alors occupé un hôtel à Abuja pendant près de deux semaines avant de manifester devant le Parlement pour réclamer leurs arriérés.

Les tensions avaient également marqué la Coupe du monde féminine 2019 en France, lorsque les joueuses avaient refusé de quitter leur hôtel après leur élimination. Trois ans plus tard, lors de la CAN 2022 au Maroc, un boycott d’entraînement était venu perturber la préparation de la rencontre pour la troisième place.

Alors que le Nigeria s’apprête à défendre son titre continental, cette nouvelle affaire met une fois de plus en évidence les difficultés persistantes liées à la gestion du football féminin dans le pays. Malgré son statut de nation la plus titrée d’Afrique, le Nigeria continue de voir ses succès sportifs éclipsés par des différends financiers récurrents.

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