Contribution : Et si la France voulait faire renaître l’AOF de ses cendres?

Plus de soixante ans après les indépendances des colonies qui composaient l’Afrique Occidentale Française (A.O.F) la turbulence et le désordre ne cessent d’y sévir. Au point que, comble de paradoxe, l’Europe continue, en quelque sorte, à les gouverner.

La médiation, l’intermédiation, l’ingérence , la “diplomatie” avec la France, la phagocytation de la CEDEAO et de l’ Union Africaine par l’universalisme occidental remettent en cause, continuellement, notre souveraineté. Cet état de fait ne fait que justifier l’urgence de rendre opérationnel le gouvernement des Etats Unis d’Afrique. Car, si on n’y prend garde, certains schémas, mis en chantier, pourraient empêcher l’intégration politique et économique africaine. Ce qui s’est passé en Libye en 2011 est la partie d’un processus visant une totale balkanisation du continent. Pour perpétuer , contre toute logique, la paupérisation et la pauvreté dans notre continent. Alors que toutes les richesses et tous les potentiels indiquent que nous n’avons rien à envier à aucune partie du monde.
Cependant la déstabilisation d’un ensemble commence par une partie.
C’est pourquoi il faut faire très attention ces temps-ci. Sinon l’A.O.F risque de renaître de ses cendres parce qu’une sorte de Gouvernorat Général évolue dans la sous région. Et œuvre, cyniquement pour la dislocation des pays de la zone des Trois Frontières. À savoir le Mali, le Burkina et le Niger. Ces pays regorgent de richesses et de potentiels qui leur permettent de se passer de l’ancienne puissance coloniale.
Mais pour l’universalisme occidental il n’est pas question de laisser cette manne à des Africains.
Quand, par exemple le Mali emprunte la voie du salut ce sont des menaces de toutes sortes si l’Occident n’envoie pas la CEDEAO ou l’Union Africaine pour une batterie de mesures visant à l’asphyxier. Pourtant ces organismes n’ont rien fait en 2011 quand L’OTAN exécutait sa sale mission en Libye.

L’Union Africaine doit se ressaisir. Car elle a la redoutable responsabilité d’accélérer le processus de nucléarisation de l’intégration. Avant que les procédés habituellement mis en branle ne tuent dans l’oeuf toute tentative de fédération.

Jusqu’à quand durera la banalisation de notre souveraineté ?

L’élite montante africaine, dépourvue de tout complexe, devra se battre pour relever, dés maintenant, les défis pour éviter, à temps, le naufrage.

Sachons, cependant, que les vents de la discorde qui commencent à souffler en Afrique sont, entre autres, de nouvelles formes de lutte mises en branle par l’universalisme occidental gagné, aujourd’hui, par une crise économique majeure. L’actualité de la semaine renseigne amplement sur ce domaine bien précis. La France en sait quelque chose.

Donc, les dirigeants africains devraient soulever la problématique de la rectification. En vue d’éradiquer le chaos et le désordre déployés par l’Occident déterminé à atomiser l’Union Africaine. C’est le moment de reposer l’urgente et impérieuse nécessité d’amorcer le parachèvement de la structuration des institutions menant, à court terme, au lancement du Gouvernement des Etats Unis d’Afrique.

Mais pour éviter le naufrage il faudrait une rectification de la pratique de la gouvernance, un réarmement institutionnel à financement moins dispendieux, une redéfinition du travail et des rôles dans l’Administration. Une restructuration de l’Exécutif deviendra, alors, nécessaire. Et il faudra la faire en la mettant en corrélation avec les impératifs de développement.

WAGANE FAYE

Professeur d’anglais
Email ngenbale@hotmail.fr