Ronald Koeman, sélectionneur des Pays-Bas, subit de plein fouet l’élimination des Pays-Bas en 16es de finale de la Coupe du monde 2026 contre le Maroc (1-1, 3 t.a.b. 2), ce lundi pour son approche très défensive.
La statistique ne comblera personne au pays. Lundi, les Pays-Bas ont étendu leur record d’invincibilité en Coupe du monde à 16 matchs de suite sans défaite. Mais comme en 2014 et 2022 (ils n’étaient pas qualifiés en 2018), les Orange ont vu leur aventure s’arrêter après un match nul et une séance de tirs au but perdue contre le Maroc (1-1, 3 t.a.b. 2) en 16es de finale, lundi à Monterrey. Et un homme prend pour tout le monde dans ce nouveau camouflet: Ronald Koeman.
“Un mur de peur”
Au pays de Johan Cruyff et du beau jeu, il y a des manières de perdre. Et le style très frileux articulé autour d’un 5-2-3 défensif du sélectionneur a fait bondir la presse locale. “Le football ressemble parfois au poker, il n’est jamais sage de laisser les autres voir son jeu”, image le site Voetbal. “Koeman a longtemps gardé ses cartes secrètes, mais une heure et demie avant le match contre le Maroc, il n’a eu d’autre choix que de dévoiler sa composition d’équipe. Le sélectionneur ne bluffait assurément pas: il a opté pour une approche prudente avec un système en 5-2-3.”
“Koeman doit démissionner”
Voilà pour l’approche modérée sur le sélectionneur. D’autres médias se sont montrés bien plus violents à l’instar de de Volkskrant qui s’est lancé dans une exécution en règle, déplorant “une prestation lamentable” et une séance de tirs au but “catastrophique”. “Les Néerlandais ont passé le match à courir après le score, jetant aux oubliettes leur tradition de jeu offensif”, déplore le journaliste Willem Vissers. “Ce fut une piètre performance, tant de la part de l’équipe que de l’entraîneur Ronald Koeman, dont le poste est désormais menacé. Ils avaient pourtant travaillé les tirs au but, mais la séance a été encore pire que celle contre l’Argentine, quatre ans plus tôt.”
“Il semble presque inconcevable que Koeman conserve son poste d’entraîneur après une telle débâcle”, poursuit-il. “La défaite fait partie du sport, certes, mais les Pays-Bas ont ici dilapidé leur réputation de nation portée sur le panache et l’attaque. Dresser un ‘mur orange’ fut la seule stratégie que les Néerlandais ont su mettre en place. Qui plus est, ils ont une fois de plus échoué à battre une grande nation, sortant sans gloire dès le deuxième tour après une phase de groupes pourtant solide. (…) Les Pays-Bas — traditionnellement réputés pour leur prise d’initiative, leur créativité, leur technique et leur panache — se sont surtout retranchés derrière un mur de peur, peinant à peser sur la rencontre.”
Zlatan allume aussi Koeman, son ancien entraîneur
Lancé à l’Ajax Amsterdam par… Ronald Koeman en 2001, Zlatan Ibrahimovic n’a pas mâché ses mots contre son ancien entraîneur. “Cette défaite est la faute de Koeman”, a lancé la star suédoise sur FoxSports. “Je n’ai pas reconnu cette équipe des Pays-Bas. Ce n’était pas la philosophie du football néerlandais. On m’a toujours appris à attaquer, attaquer et encore attaquer. Aujourd’hui, Koeman ressemblait à un entraîneur italien, jouant pour ne pas perdre. Les Pays-Bas, en revanche, ont toujours joué pour gagner. Si l’on perd, autant perdre en conservant son identité et ne pas la renier.”
Valentijn Driessen, journaliste pour le Telegraaf, en arrive à une conclusion inévitable: “Koeman doit démissionner de son poste de sélectionneur national des Pays-Bas immédiatement”, lance-t-il. Dans un éditorial assassin, il accuse le sélectionneur et son capitaine Virgil van Dijk d’avoir “traîné le football néerlandais dans la boue”
Le journal AD se montre aussi sévère dans l’attribution des notes avec un 4 pour Koeman mais une analyse cinglante. “L’entraîneur principal a cherché à renforcer la stabilité défensive en optant pour un système à cinq défenseurs”. “Même ses remplacements n’ont pas permis de sortir le groupe de sa léthargie”, ajoute le média en lui reprochant aussi son approche des tirs au but. “Là encore, ses choix — à l’exception de celui du fiable Kluivert — se sont révélés désastreux, notamment les décisions de faire appel à Timber et Summerville. Il n’avait cessé de multiplier les ajustements tactiques durant ce premier match à élimination directe ; pour ce qui pourrait bien avoir été son ultime rencontre à la tête de l’équipe, Koeman a payé le prix fort d’avoir joué la carte de la prudence.”
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