La fin pouvait-elle seulement être différente ? Il exhale des footballeuses américaines un tel pouvoir de persuasion, qu’aucune autre équipe n’a paru en mesure de contester l’inévitable « happy end », dont raffole le public américain. Les Etats-Unis sont désormais quadruples champions du monde (1991, 1999, 2015 et 2019), un record impressionnant de victoires en huit éditions.
Dimanche 7 juillet, c’est comme si les 57 900 spectateurs du stade de l’Olympique lyonnais, théâtre de la finale, connaissaient déjà le dénouement du film : les images de joie collective des joueuses américaines brandissant les bannières étoilées, les slogans victorieux « USA, USA, USA » scandés par les 20 000 fans débarqués en masse d’outre-Atlantique et le trophée brandi par les nouvelles championnes.
Insolentes d’assurance, elles n’avaient plus qu’à enfiler chacune, à même la pelouse, un maillot spécial au flocage implacablement prémonitoire, « Champions ». « C’est vraiment un groupe de joueuses formidables et plus encore des personnes exceptionnelles. Elles ont montré une résilience fantastique, une alchimie… Elles ont mis leur cœur et leur âme dans cette aventure », a confessé la sélectionneuse Jill Ellis, très émue quatre ans après avoir déjà mené son équipe au titre au Canada.
Les Néerlandaises, ovationnées lors de leur tour d’honneur malgré la défaite, ont beau avoir vaillamment résisté pendant une mi-temps, elles n’ont jamais montré qu’elles se pensaient capables de changer le scénario. C’est l’énorme fossé qui sépare les habituées de la plus haute marche du podium et les néophytes qui disputaient leur deuxième Coupe du monde et leur première finale.
« L’équipe des Etats-Unis est la plus déterminée à l’emporter »
Les coéquipières de la capitaine et superstar Megan Rapinoe forment une redoutable machine à gagner, huilée à la victoire et qui ne se grippe jamais. Lorsque le beau jeu n’est qu’occasionnel, que les mouvements collectifs léchés se font rares, la conviction des joueuses, de la coach Jill Ellis, emporte tout sur son passage. A l’image de ce penalty obtenu à la 62e minute par l’attaquante Alex Morgan, grâce à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) et transformé par le pied droit infaillible de Megan Rapinoe.
« Pour être un gagnant, vous devez croire que vous en êtes un. Même si les Hollandaises jouent un beau football, leur langage corporel n’a jamais donné le sentiment qu’elles voulaient gagner, analyse l’ex-double championne du monde américaine Brandi Chastain. L’équipe des Etats-Unis n’est pas celle qui joue le mieux mais c’est celle qui est le plus déterminée à l’emporter. »



