Crise au Burundi: les 3 options de Ban Ki-moon pour une intervention policière

Le Conseil de sécurité des Nations unies avait demandé début avril à Ban Ki-moon de dresser une liste des options envisageables afin d’éviter que le Burundi ne sombre un peu plus dans la violence. Le secrétaire général a donc dévoilé ce week-end trois projets très distincts pour l’envoi de forces de police, de quelques dizaines d’officiers jusqu’à 3 000 hommes, qui serviront de base de travail pour déterminer l’action à venir. Car si l’Union africaine a renoncé à intervenir fin janvier à cause de ses réticences internes, l’ONU ne veut pas laisser la situation se dégrader davantage.

L’option la plus ambitieuse serait de déployer 3 000 hommes, et dans son rapport, Ban Ki-moon estime que ce serait la seule manière de fournir une certaine protection physique à la population. Inconvénients : une logistique compliquée nécessitant une préparation longue, et surtout, le fait que l’arrivée d’une telle force apparaisse comme intolérable pour le président Pierre Nkurunziza.

Alors que sa réélection est à l’origine de la crise, lui serait plutôt prêt à accueillir quelques dizaines de policiers. Une autre option du secrétaire général de l’ONU serait justement l’envoi de 20 à 50 officiers pour aider à l’amélioration du respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit. Inconvénient : après 400 morts et 250 000 réfugiés, difficile de croire à une mesure si minimaliste.

Reste, comme souvent, la solution intermédiaire, sur laquelle les diplomates plancheront en priorité : l’envoi de 228 officiers, pour collaborer avec les responsables des droits de l’homme, voire avec l’Union africaine. Pierre Nkurunziza peut-il accepter ce plan ? C’est loin d’être garanti. Ce plan peut-il suffire à ramener le calme dans le pays ? Rien n’est moins sûr.

rfi