« L’usine », film du cinéaste russe Youri Bykov.© Bac FilmsC’est un film qui nous entraîne loin, vers l’Est. « L’usine », le cinquième long métrage du Russe Youri Bykov, sort ce mercredi 24 juillet dans les salles en France. Dans ce thriller haletant, les ouvriers non payés d’une usine en faillite décident de kidnapper leur patron.
Ils ont trimé toute leur vie sur ces établis poussiéreux pour gagner trois sous. Quand leur patron annonce que l’usine va fermer, et qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, les ouvriers décident de le prendre en otage pour réclamer une rançon. Mais l’oligarque a plus d’un soutien en haut lieu : en deux temps trois mouvements, les apprentis kidnappeurs se retrouvent enfermés dans l’usine, cernée par des gardes du corps et de policiers d’élite armés jusqu’aux dents.
Le film se déroule dans ce huis clos, toute une nuit. D’un côté des troupes d’élite surarmées, de l’autre des pères de famille armés d’antiques pétoires. Yuri Bykov n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer l’injustice, la corruption, l’effondrement humain et social accompagnant le passage au libéralisme économique.
La noirceur intégrale ne contribue pas à la subtilité du propos, mais c’est un film coup de poing, efficace, jusqu’à un final où plus rien n’a d’importance, ni la vérité, ni les apparences. Plus rien n’existe, que la soif de vengeance, seule revanche possible pour les opprimés.



