Tuesday, July 23, 2024
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Diplomatie: le ton monte entre le Japon et la Corée du Sud

mediaDes Coréens manifestent devant l’ambassade japonais à Seoul, le 2 août 2019.REUTERS/Kim Hong-Ji

Le Japon a décidé vendredi de durcir encore les restrictions commerciales envers la Corée du Sud, la rayant d’une liste d’Etats bénéficiant d’un traitement de faveur. Une mesure perçue comme une sanction par Séoul et qui risque d’aggraver encore les tensions bilatérales nourries par les contentieux historiques.

Cette disposition prendra effet le 28 août, a détaillé devant la presse le ministre nippon du Commerce et de l’Industrie, Hiroshige Seko.

Tokyo assène ainsi un nouveau coup à Séoul avec qui existent divers différends historiques liés à l’occupation coloniale de la péninsule coréenne par le Japon (1910-1945), qui empoisonnent leurs relations depuis des lustres. La nouvelle mesure prise par le Japon, perçue comme une sanction par Séoul, risque d’aggraver encore les tensions bilatérales. Cet été déjà, cette brouille diplomatique a entraîné l’interruption de liaisons aériennes entre les deux pays et l’annulation d’événements culturels ou de programmes d’échanges scolaires. A Busan, la deuxième plus grande ville sud-coréenne, des activistes ont même fait irruption dans le consulat japonais. Le mois dernier, le gouvernement japonais avait également imposé des restrictions d’exportations de composants chimiques indispensables à la production de matériel high-tech.

Conseil des ministres exceptionnel ce vendredi

Le gouvernement sud-coréen n’a d’ailleurs pas tardé à réagir. Une décision « irresponsable », selon le président sud-coréen Moon Jae-in. « Nous exprimons nos profonds regrets quant à la décision du gouvernement (du Premier ministre japonais) Abe », a déclaré la porte-parole de la présidence sud-coréenne, Ko Min-jung. « Notre gouvernement répondra sévèrement à la décision injuste du Japon ». Un conseil des ministres exceptionnel aura lieu vendredi autour du président Moon Jae-in qui condamne la décision « irresponsable » de Tokyo.

Pour les autorités japonaises, « il s’agit d’une révision de la liste nécessaire pour une gestion appropriée du contrôle de nos exportations pour la sécurité nationale », a justifié M. Seko, niant à nouveau qu’il s’agisse d’une sanction de la part du Japon.

Menace pour la sécurité régionale

Le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Kono, avait indiqué dès jeudi soir que les deux pays n’étaient pas parvenus à trouver un terrain d’entente sur un de leurs contentieux historiques pour éviter cette radiation. Le gouvernement japonais est furieux que des tribunaux sud-coréens exigent d’entreprises japonaises qu’elles dédommagent des citoyens sud-coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant l’occupation japonaise jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

The right to claim reparation caused by forced labor which is the unlawful act against humanity still exists

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La patronne de la diplomatie sud-coréenne, Kang Kyung-wha, avait averti de son côté jeudi que « le cadre de coopération en matière de sécurité entre la Corée du Sud et le Japon pourrait être affecté » par les mesures prises par Tokyo. Elle a notamment indiqué que la reconduction d’un accord de partage de renseignements militaires pourrait être compromise. Rappelons que le Japon et la Corée du Sud sont tous deux alliés des Etats-Unis, dont dépend en grande partie leur sécurité notamment face à la menace nord-coréenne.

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