En Égypte, la polémique enfle entre les Églises et le gouvernement au sujet d’un projet de loi qui devrait en principe simplifier la construction des lieux de culte chrétiens. Les Eglises des coptes orthodoxes, protestants et catholiques s’opposent à cette loi.
Le projet de loi censé simplifier l’édification des églises a multiplié les obstacles, mais il n’est pas très différent de la législation actuelle, qui remonte à 1934. En vertu de cette loi, une église doit obtenir le permis de la sécurité nationale, mais aussi de presque toutes les administrations, y compris le ministère de l’Irrigation et des Chemins de fer, pour être construite. Résultat, c’est à coup de décrets royaux puis présidentiels que les nouvelles églises ont pu être édifiées. Des lieux de culte insuffisants pour les neuf millions de chrétiens que compte l’Egypte, selon l’église.
Les salafistes s’en mêlent
Au départ, les Eglises égyptiennes avaient donné leur bénédiction au projet de loi avant que les salafistes n’objectent. Des salafistes proches de l’Arabie saoudite, premier bailleur de fonds de l’Egypte, mais aussi très utiles pour contrer les Frères musulmans. Contrairement à la confrérie, les salafistes ne recherchent pas le pouvoir politique. Ils veulent surtout imposer leur version radicale de l’islam sans entrer en conflit avec le pouvoir.
De nouvelles conditions ont donc été rajoutées au projet de loi, comme celle qui stipule par exemple que la superficie de la nouvelle église doit être proportionnelle au nombre de chrétiens du quartier ou du village. Une mission impossible dans un pays où l’on ne dispose d’aucune statistique officielle sur les chrétiens alors que la mention de la religion est obligatoire sur les cartes d’identité.
Pourtant, les choses semblaient aller pour le mieux entre les chrétiens d’Egypte et le président Sissi. Mais aujourd’hui, il y a comme un début de déception. Les agressions non réprimées contre des habitations chrétiennes soupçonnées d’avoir été transformées en lieu de culte se sont multipliées ces derniers mois. Les coptes de l’importante diaspora vivant aux Etats-Unis ont commencé à faire du lobbying et ont manifesté début août à Washington.
rfi



