AccueilACTUALITEÉlection en Afrique, quand le mauvais exemple vient de l’Union Africaine

Élection en Afrique, quand le mauvais exemple vient de l’Union Africaine

Il n’y a pas eu de fumée blanche au 27è sommet de l’union africaine à Kigali au Rwanda. Il était connu de tous que le successeur de Nkosazana Dlamini-Zuma allait être voté par les chefs d’état des pays africains. Que ne fut pas notre surprise? Les trois candidatures officielles enregistrées le 31 mars dernier n’ont pas recueilli les deux tiers des votes des présidents, ce qui suscite une réflexion sur la vie de l’institution, l’impact du report de ce vote en janvier 2017 et l’homme qui doit hériter de l’UA.

C’était l’un des points importants de ce 27è sommet de l’union africaine à Kigali, l’élection pour la succession de Nkosazana Dlamini-Zuma à la présidence de la commission de l’union africaine, mais que n’a-t-on pas vu ? Trois tours de vote pour désigner un successeur mais aucun candidat des trois n’a recueilli les deux tiers des voix comme le recommandent les textes de l’union africaine. C’est à croire qu’il y a un manque de sérieux dans ce travail de l’institution panafricaine, on n’imaginerait pas un tel scenario dans d’autres institutions aussi importantes. Les dirigeants africains ont raté un autre rendez-vous capital qui est de stabiliser et rendre forte cette institution qui subit déjà le poids de l’insécurité en Afrique, de la mal gouvernance, des violences post électorales et de l’absence d’une réelle démocratie. Du coup Nkosazana Dlamini-Zuma voit son mandat prorogé jusqu’en janvier 2017 (6 mois), mais est-elle légitime encore ? Celle qui aspire à un destin national aura-t-elle encore le temps dans les six mois à venir de s’occuper des grands dossiers comme la lutte contre le terrorisme, des crises électorales, de la situation Burundaise et du Soudan du sud ? Déjà son bilan est diversement apprécié et ce n’est pas un semestre de plus qui arrangerait les affaires. Le report de ce vote va engendrer évidemment beaucoup de conséquences dans le règlement de la situation au Burundi, ce pays a choisi de ne pas participer au sommet de Kigali, pareil pour le président sud soudanais et son premier vice-président dont le pays vit une crise grave. Outre ces crises l’Afrique doit se préparer également contre les conséquences du Brexit comme elle prépare une riposte contre une épidémie. Il est donc dangereux de laisser de tels dossiers entre les mains de quelqu’un qui est au terme de son mandat et qui joue une prolongation qu’elle n’a pas souhaitée, du même coup cela va jouer sur le mandat de celui qui sera élu en janvier prochain car il faudrait encore du temps pour se conformer à la situation.

Venons-en aux candidatures, trois ont été présentées officiellement à la date de clôture des dépôts des dossiers le 31 mars dernier, des candidatures qui ont été jugées non pertinentes pour bon nombre d’observateurs. Cela nous emmène à nous poser les questions suivantes : qu’est ce qui fait que l’union africaine ne suscite pas la convoitise des intellectuels africains ? l’institution n’est-elle pas forte ?quel président faut-il donc à l’UA en ces moments de de toutes les crises sur le continent ?les intellectuels africains peuvent ne pas courir vers l’union africaine tout simplement si celle-ci ne donne pas un exemple de transparence dans la gestion des affaires du continent, une institution manipulée par des chef d’états souvent dit fort, une institution qui manque de fermeté dans le règlement de certains conflits, une institution également qui peine à incarner l’unité après plus de 50 ans d’existence, bref. Malheureusement Nkosazana Dlamini-Zuma n’a pas pu offrir cette étoffe à l’union. Une autre évidence, l’institution n’est pas forte pour emprunter les termes de Barack Obama, cela se justifie de prime abord par le fait qu’elle n’a même pas pu élire le successeur de Nkosazana Dlamini-Zuma.

Pour une institution forte cela devrait être élémentaire et quand vous n’êtes pas fort cela ouvre la porte à toutes les suspicions. Enfin quel homme faudrait à l’Union Africaine ?difficile de trouver cet homme tant que l’union elle-même ne va pas d’abord se doter de textes solides et d’être stricte dans la mise en application de ces textes. Il s’agit là de revoir sa manière de gérer les conflits sur le continent, de se doter d’une justice forte pour les jugements des crimes comme le cas Hissène Habré avant de sortir de la CPI, sinon une sortie prématurée rendra encore l’union africaine fragile vis-à-vis de son autonomie face à certains pays du continent. L’union Africaine devra aussi réussir la libre circulation des biens et des personnes sur le continent et mettre fin à l’hémorragie de la jeunesse par tous les moyens à vouloir aller en Europe à cela devrait s’ajouter des moyens drastiques de lutte contre le terrorisme. Mais j’ai envie de dire que ce n’est pas le profil de l’homme qui viendrait à être choisi qui pourrait le faire seul, non! Il faut s’appuyer sur des textes.
Auteur: Albert Nagreogo
Source: Sunuafrikradio.com

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