La petite région de Murcie, au sud-est de l’Espagne, est devenue, jeudi 4 juillet, l’épicentre de la nouvelle politique espagnole. Le débat d’investiture visant à designer le président de cette communauté autonome méditerranéenne s’est transformé en un test grandeur nature de la capacité des « trois droites » espagnoles à s’entendre.
Elles y ont finalement échoué. Le candidat du Parti populaire (PP, droite), soutenu par la formation libérale Ciudadanos (Cs), n’a pas obtenu le soutien du parti d’extrême droite Vox, contrairement à ce qui s’est passé en janvier en Andalousie.
Vox exige à présent des négociations et accords signés à trois, afin de s’assurer de la mise en œuvre de son programme mais aussi des postes à responsabilités. Or Ciudadanos refuse de négocier directement avec l’extrême droite. Le Parlement régional a encore deux mois pour se mettre d’accord, sous peine de nouvelles élections.
Limites de sa stratégie
Cette investiture avortée illustre les limites de la stratégie de Ciudadanos, qui comptait jusqu’à présent sur le PP pour sceller des accords indirects avec Vox, sans avoir à se « salir les mains ». Ces liens nouveaux avec l’extrême droite ont provoqué une grave crise interne, marquée ces dernières semaines par les critiques publiques de fondateurs du parti et la démission de dirigeants.
Toni Roldan, brillant porte-parole de Ciudadanos et responsable de l’élaboration des programmes politiques, a claqué la porte le 24 juin : « Je ne pars pas parce que j’ai changé mais parce que Ciudadanos a changé. Toute stratégie politique a des coûts, mais les coûts pour l’Espagne de la stratégie prise par Ciudadanos sont trop élevés. »



