Au Brésil, pendant les Jeux olympiques, la politique continue. Les Brésiliens ont appris mercredi 10 août que la présidente Dilma Rousseff allait effectivement être jugée par le Sénat. Ce pourrait être la fin de plus de treize années de pouvoir pour le Parti des Travailleurs. Une nouvelle qui a du mal à se frayer un chemin à la une des journaux, occupée par la compétition, mais qui divise toujours autant les Brésiliens.
Dans ce café de Flamengo, au centre du Rio, la décision du Sénat de mener le procès en destitution de la présidente Dilma Rousseff, suspendue depuis le mois de mai, provoque des réactions toujours aussi tranchées.
« Pour moi c’est une mauvaise nouvelle, c’est un coup d’Etat injuste. Tous les médias sont tournés vers les JO, on parle peu de ça et beaucoup de personnes ne savent même pas ce qui est en train de se passer », s’indigne Martha.
« La situation du Brésil est très mauvaise, l’inflation explose, le chômage aussi. Le départ de Dilma est une potion amère mais il faut qu’elle quitte le pouvoir », commente Francisco.
Martha, étudiante en architecture, et Francisco, ingénieur, sont divisés. Ils ont célébré, comme tous les Brésiliens, la médaille d’or de Rafalea Silva, la judoka des favelas. Mais ils sentent bien que dès la fin des Jeux, la politique prendra le dessus.
Si Dilma Rousseff est destituée, son ancien vice-président Michel Temer prendra sa place. Les Brésiliens n’auront pas le temps de souffler : ce procès décisif pour l’avenir du pays pourrait se tenir le 25 août… soit quelques jours après la cérémonie de clôture des Jeux olympiques.
rfi



