AccueilACTUALITEEn RDC, la difficile riposte contre le virus Ebola

En RDC, la difficile riposte contre le virus Ebola

Les équipes médicales ne parviennent pas à endiguer l’épidémie qui a fait près de 1500 morts. Elles sont confrontées à la défiance de la population et à la cupidité des milices armées.

Le commandant Liso ne se cache plus. Il reste néanmoins prudent. Lorsque ce chef de milice descend de sa colline, tapissée de forêt dense, pour s’aventurer en ville, ce n’est jamais seul. Une cinquantaine de ses miliciens, chaussés de bottes en caoutchouc et vêtus d’uniformes disparates, sécurisent le périmètre, plutôt bien armés. D’autres s’infiltrent, en civil, mais ne dupent personne avec leurs yeux rougis par le cannabis et leurs fétiches protecteurs mal dissimulés. Talkie-walkie à la ceinture, polo de marque de contrefaçon, jeans et basket, Jean-Marie Liso, 33 ans, fait son entrée dans un village désolé du Nord-Kivu, à une quarantaine de kilomètres de Butembo. Cette fois, il n’ordonne pas à ses hommes de tirer sur les soldats de l’armée congolaise ou de piller les villageois.

« La guerre est finie, pour le moment », assure ce rebelle qui a loué ses services de mercenaire, cette dernière décennie, afin de sécuriser la zone, ou de la déstabiliser, pour le compte du plus offrant. Depuis son évasion de prison permise par une prise de ses miliciens, en novembre 2018, il a défié les forces gouvernementales et les institutions qui ont argué de la présence d’Ebola pour mieux priver cet électorat – acquis à l’opposition – de vote à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018.

Cela a été perçu comme une injustice par la population, traumatisée par des massacres de civils commis dans la région depuis cinq ans et par le virus. Celui-ci est suspecté d’être la dernière invention du régime abhorré du président Joseph Kabila pour les tuer, comme le répètent toujours quelques responsables politiques locaux.

Dixième épidémie de fièvre hémorragique

L’élection de Félix Tshisekedi à la tête de la République démocratique du Congo (RDC) a certes calmé un peu les esprits dans ces collines reculées du nord-est du pays, plus proches de Kampala, la capitale ougandaise, que de Kinshasa. Même Liso, le rebelle, a fini par signer un accord de cessation des hostilités avec l’armée congolaise.

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PUBLICITE

spot_img

PODCASTS

Recent Comments