Aux Etats-Unis, une naissance prématurée sur dix est liée à l’exposition des femmes enceintes aux phtalates, selon une nouvelle étude du Lacet.
“La prématurité est hautement multifactorielle, avec de nombreux facteurs de risque (âge de la mère, soins prénatals inadéquats, pré-éclampsie…) dont la plupart ne sont pas facilement modifiables ou évitables” indiquent en introduction les chercheurs.
“Les phtalates sont des substances chimiques largement utilisées dans les produits de consommation. Il a déjà été établi qu’ils contribuent aux naissances prématurées, mais les études existantes sur cette problématique présentent des limites méthodologiques”, poursuivent les scientifiques.
56.595 naissances prématurées attribuables aux phtalates
Pour apporter des données supplémentaires sur le sujet, ils ont analysé le niveau de phtalates dans l’urine de plus de 5.000 femmes enceintes aux Etats-Unis.
“Dans cette analyse prospective, nous avons utilisé les données déjà existantes du programme ECHO (Environmental influences on Child Health Outcomes) pour étudier les associations entre 20 métabolites de phtalates, l’âge gestationnel à la naissance et le poids à la naissance”, précise le rapport.
Bilan : les 10 % de femmes présentant les taux les plus élevés de phtalates avaient un risque accru de 50 % d’accouchement prématuré (défini par une gestation inférieure à 37 semaines) par rapport aux 10 % avec les taux les plus faibles.
“Nous avons estimé à 56.595 le nombre de naissances prématurées attribuables aux phtalates en 2018, avec des coûts de santé associés pouvant aller jusqu’à 84 milliards de dollars”, écrivent également les auteurs de l’étude.
Ces produits chimiques “peuvent ainsi précipiter le travail et les naissances précoces”, conclut le docteur Leonardo Trasande, directeur de la recherche.
Avec Pourquoi docteur.fr



