Sunday, December 4, 2022
AccueilA La UNEFace à la crise économique et sociale actuelle, le FMI se dédit...

Face à la crise économique et sociale actuelle, le FMI se dédit ! (Par Ibrahima Séne)

En effet, pour attirer l’Investissement direct étranger, qu’il considère, nécessaire, afin de sortir nos peuples de la pauvreté, le FMI a, toujours, plaidé, pour la baisse de la fiscalité sur les revenus du capital , la baisse des taxes douanières, et, pour un marché de libre concurrence, pour, en faire son crédo, devant réduire le poids de l’État dans l’Économie nationale, qu’il faudrait laisser, exclusivement, à la disposition des entrepreneurs privés nationaux et étrangers, et, au marché, pour la répartition des ressources, productives , et des revenus issus du travail
.Aujourd’hui, ce crédo a amené les peuples du monde entier, dont, le peuple sénégalais, dans une crise économique et sociale, qui a aggravé les inégalités sociales, et territoriales, au sein de chaque pays, et entre les peuples.
Mais, dans sa récente étude sur notre Économie en crise, qui est caractérisée, par une spirale inflationniste, généralisée, qui rend la vie, de plus en plus, chère, et, génère de plus, en plus de menaces, de pertes massives d’emplois, qui gonflent le chômage, étendent la pauvreté, et, creusent les inégalités sociales, le FMI se rétracte !
Et, « vent debout », il se lance, en croisade, contre la baisse des impôts et taxes, qui , à n’en plus douter, a atteint ses limites économiques et sociales, dans le cadre du capitalisme libéral , en crise.
Effectivement, de telles baisses réduisent, considérablement, les capacités de l’Etat, à lutter contre l’inflation , tout en honorant le remboursement du Service de sa dette extérieure, ce qui est, à côté de l’attraction de l’investissement direct étranger , la préoccupation principale du FMI .
Ce sont ces préoccupations du FMI, qui nous ont valu, deux décennies d’ajustement structurel, et plus d’ une décennie de politiques d’austérité budgétaire, qui ont aggravé, davantage le chômage, la pauvreté, et l’endettement extérieur, sans, pour autant, réussir à promouvoir une bourgeoisie entrepreneuriale nationale , forte, en mesure de prendre les rênes de notre économie, qui est laissée entre les mains d’entrepreneurs étrangers, avec les encouragements du FMI, engagé à imposer , à l’Etat, des politiques publiques, d’attrait de l’investissement direct étranger, au moment, où, les entrepreneurs nationaux restent, marginalisés , dans le marché du crédit, sans qu’il ne permette à l’Etat, de les soutenir ! Et, pourtant, nos entrepreneurs nationaux croient encore, à la volonté du FMI, d’aider l’État à les promouvoir ! C’est la naïveté qui tue le nègre !!
C’est, cette situation, qui a placé les revendications pour l’emploi, la défense du pouvoir d’achat, l’accès au crédit , et la réduction des inégalités, au centre des luttes des populations (travailleurs salariés, consommateurs, petits et moyens entrepreneurs, et agriculteurs), au point de menacer l’ordre public, et la survie de nos gouvernants, dans les pays en développement.
C’est cela qui se passe, aussi dans les pays, qu’ils soient développés (FRANCE , Angleterre), ou, en développement, ( en Afrique, au Moyen Orient ,et en Amérique Latine), partout dans le monde, où sévit le crédo du FMI, pour défendre le capitalisme libéral.
Le Sénégal, où, depuis l’avènement du Président Macky Sall, au pouvoir, avec son « Programme de Sénégal Emergent » (PSE), en , 2014 , le capitalisme libéral , avec l’appui du FMI, et de la Banque mondiale, résiste encore, face aux politiques publiques, qui diminuent sa place, et son rôle dans l’Économie nationale, mais, qui sont en faveur des entreprises publiques., faisant le lit au Capitalisme d’État, dans la lutte, pour réduire les inégalités sociales et territoriales.
C’est le capitalisme d’État qui a permis à la chine de vaincre le chômage, la pauvreté, et de réduire significativement les inégalités sociales, et territoriales dans ce vaste pays, en le propulsant en une grande puissance économique , qui rivalise avec les États Unis, la première place dans l’Economie mondiale.
Tandis que le capitalisme libéral, en propulsant les Etats Unis au premier rang de l’Economie mondiale, s’est avéré incapable de vaincre l’inflation, le chômage de masse, et l’aggravation des inégalités sociales et territoriales de ce pays, qui, pour maintenir son rang dans l’Économie mondiale, s’est engagé , dans une guerre économique, contre la chine, à travers une « politique d’embargo », qui remet en cause , la libre concurrence, qui est, pourtant, au cœur du libéralisme économique, et qu’il prétend incarné, et défendre !
De même,c’est dans cette quête pour maintenir son hégémonie économique et politique, que les Usa ont provoqué une guerre contre la Russie, en instrumentalisant l’Ukraine, et, en satellisant, dans cette sale guerre, les pays , membres de l’OTAN !
Ainsi, le capitalisme libéral, est congénitalement, porteur de guerres , pour un partage, et repartage, économique , et politique, sans fin, du monde, particulièrement, à son stade, actuel, de développement, financier, mondialisé, et digitalisé ! qui traduit sa nature, impérialiste, que portent ses guerres colonialistes, de contrôle de l’Economie des peuples, les plus faibles !
Malheureusement, dans notre pays,, les bureaucrates, incrustés dans l’appareil d’ Etat , détournent les objectifs sociaux des politiques publiques du Président Macky Sall, contenues dans le « PSE », pour s’enrichir, en se transformant en « bourgeoisie bureaucratique », dont les mécanismes de production et de reproduction, hérités de Wade , que sont les détournements des deniers publics, la spéculation foncière et immobilière, et la corruption, n‘ont pas été , encore suffisamment détruits , malgré les organismes créés ,à cet effet, et, qui en ont réduit, significativement, l’impact !.
Ces mécanismes, qui sont fondent la mal gouvernance, réduisent l’efficacité, et l’efficience des entreprises publiques et des programmes sociaux de l’ État, les mènent à la faillite, tout en les dévoyant de leurs objectifs, de lutte contre les inégalités sociales, et territoriales,de réduction de la pauvreté (comme en témoigne, le rapport ,récent d’OXFAM, sur « les Bourses, Familiales, où 25% des bénéficiaires, n’y ont pas droit)» .
Ces mécanismes entravent, aussi, les politiques publiques, de relance de l’économie, de lutte contre le chômage, et, de restauration de notre souveraineté économique .
Cette « bourgeoisie bureaucratique », à terme, détruit, l’essence même, du Capitalisme d’Etat, qui risque de finir, par être discrédité, aux yeux des populations, ,balisant, ainsi, peu à peu, avec l’appui du FMI et la Banque mondiale, le retour du capitalisme libéral, avec toutes ses affres sociales, et la perte de la souveraineté de nos Etats, qu’il porte !
C’est, à cet effet, que le FMI, a tiré sur les sonnettes d’alarme, pour mettre en garde, le gouvernement du Sénégal , en soulignant dans son rapport sus- mentionné, que, « dans ce contexte de chocs multiples depuis le début de l’année, les pays qui ont déjà augmenté leurs dépenses pour faire face à la pandémie ,( balisant, ainsi, la voie , à l’avènement du Capitalisme d’Etat) , n’ont plus nécessairement les marges budgétaires suffisantes pour affronter l’inflation et les hausses des prix.
C’est pour cela que, dans ce rapport, sur notre Economie, le FMI, souligne, « qu’ il importe , pour l’ensemble des États, de se montrer prudents dans la mise en place de politiques de soutien, afin de maintenir un niveau de dépense soutenable, l’objectif premier devant être d’assurer l’accès à une alimentation abordable et limiter les effets de l’inflation sur les revenus les plus faibles. !
Cependant, pour, ce faire, il s’oppose à la baisse des impôts, et propose, pour renflouer les caisses de l’Etat, de mener une hausse équitable de l’impôt, pour ne pas la faire, supporter, par ceux des plus riches, qui ont augmenté considérablement, leur richesse , dans la crise, et ,de supprimer les subventions, qui empêchent le marché, par une libre concurrence , de continuer, à fixer les prix, des produits de consommation, et des loyers !

C’est donc, sournoisement, le retour au Capitalisme libéral, avec ses politiques d’austérité budgétaire, et de pauvreté, qu’il préconise !
Cela ne vide-t’–il pas, de tout contenu social, son prétendu souci, « d’assurer l’accès à une alimentation abordable, et de limiter les effets de l’inflation sur les revenus les plus faibles » ?
EN fait, le FMI se refuse, de reconnaître, que le capitalisme libéral, a atteint, partout , dans le monde, ses limites économiques et sociales, révélées per la pandémie, et la guerre de la Russie en Ukraine, qui ont montré, que, pour préserver les emplois , et le pouvoir d’achat des populations, le retour de l’Etat dans le marché, était devenu incontournable, pour réduire les fonctions du marché, dans la répartition des revenus, entre le Capital et le travail, , et dans la fixation des prix des produits, et des loyers, à travers la libre concurrence , qui est appuyée, par le secret commercial, et bancaire !

C’est à leur cœur défendant, que le FMI, et la Banque mondiale, ont assisté, partout ,dans les grandes puissances occidentales, à un retour de l’Etat, pour sauver des emplois, en subventionnant les entrepreneurs, et sauver le pouvoir d’achat , ,et, en subventionnant la consommation des ménages, à travers d’énormes transferts monétaires, faussant ,ainsi, le rôle du marché ,dans la répartition des revenus et dans la fixation, à des prix des produits !

Ils n’ont , donc, aucune légitimité, pour refuser à nos Etats, d’en faire autant !

Mais, ce retour de l’Etat, dans le marché, n’est pas le socialisme, mais , bien , le prélude, à l’avènement du capitalisme d’Etat , comme les politiques publiques du Président Macky Sall, l’ont amorcé au Sénégal, avec le « PSE » !
L’édification du capitalisme d’Etat s’accompagne, nécessairement , de deux choses: – d’une part, d’un renforcement, des syndicats des travailleurs salariés , par leur implication , dans le contrôle de la gestion des entreprises, publiques, et parapubliques, présentes, dans tous les secteurs marchands , afin qu’ils veillent à la transparence de leur gestion, et qu’ils fassent obstacle, à la dissimulation des revenus de l’entreprise publique ; ce qui rend, ainsi, plus efficace, la lutte, contre les mécanismes de production et de reproduction de la bourgeoisie bureaucratique.
– d’autre part, il s’accompagne, de la promotion des coopératives de production, dans l’Agriculture, dans l’Artisanat, les Services, et chez les petits, et moyens entrepreneurs, pour les impliquer, à travers, une politique généralisée de « contractualisation, avec les entreprises publiques, dans la fixation, des prix des produits, des loyers, et des facteurs techniques de production( eau, électricité , engrais).
Les prix seraient ainsi administrés, après concertation entre les acteurs, à la place du marché, de plus en plus marginalisé !
Ce qui , avec la levée du secret commercial, et bancaire, réduit, ainsi, peu, à, peu, le rôle du marché , et permet de lutter efficacement contre l’évasion fiscale, qui réduit dramatiquement, les moyens , à la disposition du Capitalisme d’État, pour jouer pleinement son rôle historique de liquidation progressive du capitalisme libéral, pour la promotion de la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales et territoriales .
Il pourra jouer davantage ce rôle, avec la prise d’une législation , qui rend obligatoire, le rapatriement, à la BCEAO des recettes d’exportation des grandes entreprises, intervenant dans notre Economie, pour lutter, efficacement, contre l’exportation frauduleuse, des revenus en devises , des entreprises, qui est autant de manques à gagner, pour la BCEAO, en termes de dévisses étrangères , et pour le Trésor public, en termes de recettes fiscales.
De ce fait, serait largement, derrière nous, la problématique de l’élargissement de « l’assiette fiscale » vers les petits et moyens entrepreneurs, sous prétexte de « formalisation du secteur informel » , que nous bassinent, à longueur de rapports, le FMI, et la Banque mondiale!
Cette législation devrait, aussi, concerner le rapatriement, à la BCEAO, de notre OR, encore, détenu dans les coffres de la Banque de France, après que cela fut fait, avec nos réserves en devises, qui étaient logées dans un compte d’opération du Trésor public français !
D’où, la nécessité de parachever, dans les meilleurs délais, « l’étude », pour le « regroupement, du FONSIS ,et de la BNDE », demandée par le Chef de l’Etat, comme base de l’édification d’une puissante « Banque nationale de développement économique et social, inclusif et participatif ».
Cette Banque nationale, devrait être consolidée, par l’intégration de toutes les parts que, détient l’État, dans les banques privées installées au pays.
De telles législations , et cette nouvelle Banque nationale de Développement , vont permettre à l’État, de pouvoir jouer un rôle prépondérant, dans le marché du crédit, aux entreprises, aux coopératives et aux particuliers, dans l’édification du capitalisme d’Etat, pour consolider la souveraineté de notre peuple, sur son Economie !
Cette nouvelle Banque nationale, en pesant ,ainsi, à la baisse, sur les taux d’intérêt, va contribuer, à la levée des contraintes à l’accès au crédit, pour le financement des projets publics, et de ceux des petits et moyens entrepreneurs, et faciliter, à ces derniers, l’accès à la commande publique !
La nouvelle configuration de la 14ème Législative, devrait pouvoir y aider le Président Macky Sall, dans la mise en œuvre du « PSE « , pour peu, que les défis de développement autocentré, orienté, vers la reconquête de notre souveraineté économique, sont placés, au-dessous de toutes leurs autres préoccupations !
C’est cette forme de « nationalisation du crédit », qui a permis à la Chine, de disposer de puissantes entreprises publiques, à côté d’entreprises nationales privées, suffisamment, fortes, pour se hisser à son rang, de principal challenger de l’Economie des Etats Unis , au niveau mondial !
C’est cela qui permettra, au Sénégal, d’élever le « partenariat public -privé », en politique de collecte de fonds, pour l’investissement, nécessaire, à notre développement, et au soutien au privé national, tout en augmentant, sa capacité d’endettement, sans aliéner son indépendance !

C’est le développement d’un capitalisme d’Etat, qui permet, d’avoir un Etat, économiquement puissant, comme , en Chine, en mesure de réduire progressivement le rôle du marché et de la concurrence, dans le cadre d’un « partenariat public/ privé ,qui fait, ainsi , la promotion d’entrepreneurs privés nationaux, suffisamment forts, pour occuper, à côté de puissantes entreprises publiques , et avec l’appui de celles-ci, toute leur place, dans notre Économie nationale, afin d’ asseoir, les bases de notre souveraine économique.
Cela est incontournable, pour recouvrir , notre souveraineté politique, et, mieux participer au renforcement de la souveraineté économique et politique de l’UEMOA, dans le processus de parachèvement de l’édification de la CEDEAO, comme base économique et politique, pour le renforcement de notre intégration dans la ZLECAF, en perspective de la réalisation de l’ Unité économique et politique de l’ Afrique entière !
Les recommandations du FMI et de la Banque mondiale, de retour » aux politiques d’austérité budgétaire », sont, donc, autant de chaines, qui bloquent notre développement, qu’il faudrait briser, comme l’avait soutenu, le Président Macky sall, bien avant, la pandémie, en 2021, pour nous libérer, et recouvrir notre souveraineté pleine et entière !

Ibrahima SENE PIT- SENEGAL
Dakar, le 17 octobre 2022

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PUBLICITE

spot_img

PODCASTS

Recent Comments